Jean-François Camilleri, PDG de The Walt Disney Company France



Publié le Mardi 18 novembre 2014

« Le vrai héros ne s’expose pas. Il est anonyme et s’emploie à apporter, à sa manière, une pierre à l’édifice. Il y en a des milliers. Des millions. » C’est en ces termes que Jean-François Camilleri, PDG de The Walt Disney Company France, a répondu à la question : « Votre héros dans la vraie vie ? », dans le Figaro en avril 2013. En juin dernier, en rejoignant le Club des entreprises qui marchent pour ELA, le patron très respecté de 350 employés de la mythique firme américaine leur a donné l’opportunité à tous de devenir de vrais héros. Rencontre.

 

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’opération « Mets tes baskets dans l’entreprise » ?

C’est un concept qui a énormément d’avantages car il est à la fois original, créatif et fédérateur. Pour nous qui avons l’habitude de participer à des œuvres caritatives, c’était la première fois que nous impliquions l’ensemble des collaborateurs. Sur une journée de travail, chacun a pu, à sa manière, participer au combat d’ELA, sans pour autant créer de dysfonctionnement au sein de l’entreprise.

Comment avez-vous communiqué autour de l’opération en interne ? Et comment ont réagi vos salariés ?

Nous avons publié un appel sur notre blog interne qui est lu au moins une fois par jour par tous les employés du groupe. Puis le bouche-à-oreille a très bien fonctionné. Les gens ont été séduits. Ils ont relayé l’info très facilement.

Concrètement, le jour J, en quoi consistait votre journée de mobilisation ?

Parmi les grands temps forts, je retiens le courage et l’abnégation dont a fait preuve un groupe d’une trentaine de coureurs à pied, tous salariés du groupe, et coachés par l’une de nos collaboratrices très impliquée dans l’opération « Mets tes baskets dans l’entreprise ». Sur le temps du déjeuner, ils ont chaussé leurs baskets et emportés leur podomètre pour faire le maximum de pas et donner encore plus de valeur au don. Au final, ils ont permis de collecter 5 000 € pour ELA !

Globalement, quelle est la stratégie de votre groupe en matière de politique de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ?

Notre politique RSE nous tient beaucoup à cœur. Nous travaillons avec de nombreuses associations liées à l’Enfance, pour des raisons qui me paraissent évidentes chez Disney. Un groupe de salariés, que l’on a baptisé les Voluntears (les Volontaires en anglais, « ears » faisant référence aux oreilles… de Mickey), accompagne les associations tout au long de l’année. Et tous les employés disposent d’un crédit de quarante heures par an pendant lesquels ils peuvent s’investir pour des œuvres de charité sur leur temps de travail.

Etes-vous particulièrement sensible au développement du capital santé et du bien-être des salariés en entreprise ?

Oui, complètement. Nos anciens locaux, par exemple, étaient situés à Val d’Europe (77), près du parc Disneyland Paris. Il y a un an, je les ai fait déménager dans le 13e arrondissement de Paris. Cela a fait gagner en moyenne cinq heures de transport par semaine à l’ensemble des salariés. C’est énorme ! De plus, au sein de ce nouvel immeuble, tout a été pensé pour le bien-être des collaborateurs : salles de repos, salle de sport, sièges ergonomiques, lumières apaisantes, climatisation, corbeilles de fruits et boissons à volonté… L’idée était de faire en sorte que les employés s’y sentent bien pour y vivre mieux et, donc, y travailler mieux. C’est une fierté car, chez Disney dans le monde, on est des pionniers. Les bureaux étrangers du groupe s’inspirent même de notre modèle !

Quels arguments donneriez-vous à une entreprise qui hésite à rejoindre le Club des entreprises qui marchent pour ELA ?

La première chose, c’est de se demander pour qui on fait tout cela. Quand on pense aux enfants qui vivent avec une leucodystrophie, on comprend vite qu’il est primordial de rejoindre l’opération « Mets tes baskets… ». J’ajouterai que cette opération apporte une prise de conscience collective des salariés sur la maladie et le handicap. Après avoir marché ou couru pour ELA, on a le sentiment d’avoir accompli une bonne action. Et cela crée de l’émulation dans les équipes ainsi qu’une meilleure cohésion de groupe. Il n’y a pas à hésiter !