Effets neuroprotecteurs du diméthylfumarate dans l’inflammation cérébrale



Publié le Jeudi 12 juillet 2012

Fioles

Durant ces dernières années, des avancées significatives ont été obtenues dans le développement de médicaments contre la sclérose en plaques (SEP). Toutefois, l’efficacité thérapeutique de ces médicaments reste incomplète.
L’inflammation et le stress oxydatif dans la SEP seraient responsables des lésions observées. De nouvelles thérapeutiques neuroprotectrices améliorant la résistance des cellules au stress oxydatif pourraient être bénéfiques pour traiter la maladie.
Dans cette étude, l’effet de BG-12, une forme orale du diméthylfumarate, est testée sur un modèle animal de SEP chronique, les souris EAE. L’administration préventive ou thérapeutique de BG-12 chez ces souris conduit à une amélioration de la progression de la maladie et une meilleure préservation de la myéline, des axones et des neurones. In vitro les fumarates augmentent la survie des neurones chez la souris et protègent les astrocytes de l’homme et de la souris contre le stress oxydatif.
Grâce au diméthylfumarate, le facteur Nrf2 neuroprotecteur est stabilisé et la voie de signalisation correspondante est activée. Par l’intermédiaire de son métabolite, le méthylfumarate, le diméthylfumarate permet de modifier l’inhibiteur du facteur Nrf2. De plus, des niveaux élevés de Nrf2 et une réduction de l’oxydation des protéines sont détectés dans le système nerveux central des souris traitées.
Par contre, lorqu’on administre le diméthylfumarate à des souris normales dont le facteur Nrf2 est inactivé, le bénéfice du traitement sur la progression de la maladie, la préservation des axones et l’activation des astrocytes sont presque totalement abolis, ce qui prouve le mécanisme neuroprotecteur d’un tel facteur.
En conclusion, la capacité du diméthylfumarate à activer le facteur Nrf2 offre un nouveau mécanisme protecteur qui augmente la réponse antioxydative naturelle dans la SEP.
D’autres études devront être menées sur des modèles de maladies neurodégénératives afin de confirmer le potentiel neuroprotecteur du diméthylfumarate.

Maladie : sclérose en plaques
Modèle expérimental : souris EAE, modèle animal de la sclérose en plaques
Type d’étude : approche thérapeutique
Laboratoire : Dr Ralf Gold, Département de Neurologie, Hôpital Saint-Josef, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne

Source : R.A. Linker, D.H. Lee, S. Ryan, A.M. van Dam, R. Conrad, P. Bista, W. Zeng, X. Hronowsky, A. Buko, S. Chollate, G. Ellrichmann, W. Brück, K. Dawson, S. Goelz, S. Wiese, R.H. Scannevin, M. Lukashev, R. Gold. Fumaric acid esters exert neuroprotective effects in neuroinflammation via activation of the Nrf2 antioxidant pathway. Brain 2011, 134(Pt 3):678-92.

Veille scientifique assurée en partenariat avec l’INIST-CNRS, Institut de l’Information Scientifique et Technique