Un nouveau modèle animal pour le syndrome de Zellweger



Publié le Vendredi 29 juin 2012

Les troubles de la biogenèse des peroxysomes sont des maladies génétiques mortelles qui affectent l’assemblage des peroxysomes ce qui compromet leur fonctionnement mais aussi celui des cellules.
Les peroxysomes représentent des compartiments cellulaires impliqués dans de nombreux processus biochimiques tels que la dégradation des acides gras, la détoxification cellulaire ou le métabolisme des lipides.
Chez l’homme, l’assemblage des peroxysomes est contrôlé par 34 gènes PEX ; 13 d’entre eux participent à la formation des peroxysomes ou biogénèse. Vu qu’une mutation dans l’un de ces 13 gènes PEX conduit à une mort précoce chez l’homme, il est impossible d’étudier le rôle de ces gènes dans le développement précoce. La drosophile possède 14 gènes homologues aux gènes PEX des mammifères. Chez cet animal, les expérimentations génétiques ont montré que 13 de ces gènes PEX sont essentiels à l’assemblage normal des peroxysomes.
La mutation du gène PEX1 est la mutation la plus fréquemment identifiée dans les troubles de la biogenèse des peroxysomes et notamment dans le syndrome de Zellweger, syndrome le plus sévère se manifestant par une hypotonie sévère et conduisant à la mort au cours de la première année de vie. Chez la drosophile, la mutation PEX1 s’accompagne de défauts dans le développement précoce très similaires à ceux des patients, notamment une mauvaise coordination des mouvements, une malformation sévère du système nerveux central et périphérique, un retard du développement, une mauvaise alimentation et une mort précoce.
Chez cette drosophile mutée pour les gènes PEX, l’expression d’autres gènes participant au développement neuronal, à la modulation de l’immunité innée, au métabolisme des lipides et des protéines et à la formation des cellules sexuelles est modifiée, soulignant leur implication dans la fonction peroxysomale.
La drosophile s’avère donc être un bon modèle expérimental pour étudier le rôle des peroxysomes et l’effet des troubles de la biogenèse des peroxysomes dans la croissance, le développement et la réponse à l’environnement.

Maladie : syndrome de Zellweger
Modèle expérimental : drosophile (mouche à fruits)
Type d’étude : physiopathologie
Laboratoire : Dr Richard A. Rachubinski, Département de Biologie Cellulaire, Université d’Alberta, Edmonton, Canada.

Source : F.D. Mast, J. Li, M.K. Virk, S.C. Hughes, A.J. Simmonds, R.A. Rachubinski. A Drosophila model for the Zellweger spectrum of peroxisome biogenesis disorders. Dis Model Mech. 2011, 4(5):659-72. 

Veille scientifique assurée en partenariat avec l’INIST-CNRS, Institut de l’Information Scientifique et Technique