L’interféron alpha joue un rôle clé dans le syndrome d’Aicardi-Goutières



Publié le Mercredi 13 novembre 2013

Le syndrome d’Aicardi-Goutières est une maladie génétique rare de l’enfant se traduisant par un crâne d’une taille anormalement petite (microcéphalie), un retard psychomoteur, des lésions de la substance blanche et une calcification au niveau du cerveau. Chez 25% des patients, il aboutit au décès précoce des enfants.
Cette maladie est due à une mutation d’un des gènes suivants : TREX1, RNASEH2-A, RNASEH2-BRNASEH2-C, SAMHD1 ou ADAR1, tous impliqués dans le métabolisme des acides nucléiques, siège de l’information génétique. Ce déficit génétique résulte en une accumulation d’acides nucléiques dans la cellule qui, en signe de défense, déclenche une réponse inflammatoire avec la production d’interféron α. Chez les malades, ce sont les astrocytes, ces cellules du système nerveux central assurant le soutien et la protection du cerveau, qui produisent majoritairement l’interféron α au niveau cérébral.
Ce travail de recherche étudie l’effet de l’interféron α sur des astrocytes. Un traitement chronique avec de l’interféron α conduit à la fois à une activation de ces cellules et à une diminution de leur prolifération. L’expression des gènes et des protéines impliqués dans la stabilité de la substance blanche comme ATF4, eIF2Bα, la cathepsine D et la cystatine F est également altérée. De façon surprenante, l’effet de l’interféron α perdure 7 jours après la fin du traitement. Tous ces résultats ont été confirmés sur des biopsies de cerveaux de malades post-mortem.
Cette étude met donc en lumière le rôle clé de l’interféron α dans le développement de la maladie. Étant donné l’effet à long terme de cette molécule, même après l’arrêt du traitement, les cibles thérapeutiques à envisager pour traiter le syndrome d’Aicardi-Goutières devront inclure non seulement l’interféron α  mais  aussi  les molécules sur lesquelles il agit.

Maladie : Syndrome d’Aicardi-Goutières
Modèle expérimental : Astrocytes dérivés de cellules neurales humaines
Type d’étude : Physiopathologie
Laboratoire : Pr Taco W. Kuijpers, Département d’Immunologie Expérimentale, Centre Médical Académique, Université d’Amsterdam, Amsterdam, Pays-Bas

Source : E. Cuadrado, M.H. Jansen, J. Anink, L. De Filippis, A.L. Vescovi, C. Watts, E. Aronica, E.M. Hol, T.W. Kuijpers. Chronic exposure of astrocytes to interferon-α reveals molecular changes related to Aicardi-Goutieres syndrome. Brain. 2013, 136(Pt 1):245-58.

Veille scientifique assurée en partenariat avec l’INIST-CNRS, Institut de l’Information Scientifique et Technique

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