Lancement d’un essai clinique pour les patients adultes atteints d’adrénomyéloneuropathie



Publié le Lundi 8 juillet 2013

Grâce au concours de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), du Dr Aurora Pujol et de la Fondation IDIBELL, un essai clinique, financé à 100 % par ELA à hauteur de 400 000 €, va bientôt être lancé à l’hôpital Bicêtre (France) pour le traitement de l’adrénomyéloneuropathie (AMN). Les récents travaux de recherche du Dr Aurora Pujol ont permis de montrer que la pioglitazone permettait d’améliorer les  déficits moteurs observés chez la souris ALD. Les résultats obtenus justifient d’évaluer ce médicament chez des patients AMN.

 

Souvenez-vous ! En janvier 2012 se tenait à Paris (France) le 1er Symposium scientifique sur l’adrénomyéloneuropathie (AMN), la forme adulte de l’adrénoleucodystrophie. Organisé à l’initiative d’ELA en collaboration avec la fondation américaine Stop ALD, cette réunion fut l’occasion pour une vingtaine d’experts internationaux d’identifier de nouvelles thérapies avec un potentiel pour cette pathologie aujourd’hui incurable. Aujourd’hui, les travaux de recherche menés par le Dr Aurora Pujol en Espagne ont permis d’identifier la pioglitazone, un médicament commercialisé sous le nom d’Actos® (laboratoire Takeda), comme traitement prometteur. Un essai clinique, dont l’investigateur principal est le Pr Patrick Aubourg, responsable du centre de référence des Leucodystrophies à l’hôpital Bicêtre et directeur d’une unité de recherche à l’Inserm, va bientôt être lancé. Baptisé « Pioglitazone dans l’adrénomyéloneuropathie », cet essai a reçu l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et du Comité de protection des personnes pour commencer à traiter des patients adultes.

De quoi s’agit-il ?

L’adrénomyéloneuropathie est une maladie génétique rare qui se traduit par le dysfonctionnement d’un gène appelé ABCD1. Concrètement, ce gène indispensable à l’élimination de certains acides gras dans l’organisme est purement et simplement défectueux. Le problème, c’est que l’accumulation des acides gras dans les cellules nerveuses provoque un stress oxydatif très nocif et des anomalies au niveau de la mitochondrie, un générateur important d’énergie pour les cellules. Au final, le signal nerveux  est altéré et le patient perd progressivement son équilibre et ses fonctions motrices. Actuellement, aucun traitement ne peut arrêter l’évolution de l’adrénomyéloneuropathie .

Le traitement

La pioglitazone est un médicament connu pour réduire le stress oxydatif dans l’organisme et stimuler les fonctions normales de la mitochondrie. En laboratoire, une correction des anomalies de la mitochondrie est observée dès six semaines de traitement chez les souris malades. Après deux à quatre mois de thérapie, l’évolution des déficits moteurs est stoppée chez toutes les souris traitées. Pour les besoins de l’essai, les patients prendront des comprimés de pioglitazone quotidiennement (30 mg/jour) pendant deux ans.

Déroulement de l’essai

L’essai permettra  d’évaluer l’efficacité et la tolérance de la pioglitazone dans le traitement de l’AMN sur une durée de deux ans. Pour ce faire, les patients seront hospitalisés deux à trois jours tous les six mois. Par efficacité, on entend l’arrêt ou le ralentissement de la dégradation des fonctions motrices des membres inférieurs qui survient inéluctablement en l’absence de traitement. Des tests moteurs et neuro-radiologiques, ainsi que des analyses biologiques seront réalisés. Par tolérance, on entend l’absence d’effets secondaires du traitement. Des examens cliniques (échocardiogramme et électrocardiogramme) et biologiques (analyse urinaire et sanguine) seront effectués.

Quels risques ?

Toute prise médicamenteuse n’est pas dénuée de risque. Il a été montré une association entre la durée d’exposition à la pioglitazone et le risque de cancer de la vessie (risque inférieur à 6 cas sur 10 000) chez des patients diabétiques âgés sous traitement depuis plus de deux ans. Afin de dépister ce risque, l’examen urinaire devra être normal au moment de l’inclusion. Et cet examen sera renouvelé tous les six mois, y compris lors du suivi de tolérance.

Pour participer à l’essai

Trente patients âgés de plus de 18 ans et de moins de 66 ans, atteints d’AMN, pouvant marcher pendant six minutes avec au plus une canne et répondant à des critères bien précis, pourront participer à cet essai. Ce dernier sera réalisé à l’hôpital Bicêtre.

 

Les patients peuvent dès à présent prendre contact par email ou par téléphone avec le Pr Patrick Aubourg et le Dr Céline Bellesme, responsables de l’essai, au 01 45 21 31 63 ou 01 45 21 78 62, ou bien par email aux adresses suivantes : [email protected] ou [email protected]

Pour obtenir des informations sur l’essai clinique, veuillez contacter Carine Cormary ([email protected], 01 71 72 28 01). Et pour obtenir des informations complémentaires sur l’association ELA et les services offerts aux familles, renseignez-vous auprès de Cindy Oger, responsable de l’accompagnement des familles ([email protected], 03 83 30 82 63).

En savoir plus sur l’essai clinique