Lancement de l’essai de thérapie génique intracérébrale pour la leucodystrophie métachromatique



Publié le Vendredi 5 avril 2013

A l’attention des familles ayant un enfant atteint de leucodystrophie métachromatique (MLD)

Nous sommes très heureux et très fiers de vous annoncer le lancement d’un nouvel essai clinique dans  la leucodystrophie métachromatique, auquel ELA a largement contribué tant sur le plan financier (3,2 millions d’euros) qu’en ressources humaines. L’essai va pouvoir démarrer pour plusieurs enfants atteints. C’est l‘occasion pour nous de remercier tous les donateurs qui nous font confiance. Chaque don est un pas de plus sur le chemin qui mène à la guérison.  

L’essai clinique « Thérapie génique intracérébrale de la MLD », dont l’investigateur principal est le Pr Aubourg (Service de Neuropédiatrie, hôpital Bicêtre Paris-Sud et Inserm U986, Le Kremlin Bicêtre, France), a reçu l’autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) et du CPP (Comité de Protection des Personnes Ile-de-France VII) pour commencer à traiter des enfants atteints de formes précoces de leucodystrophie métachromatique. Cette maladie est la conséquence d’une mutation d’un gène qui conduit à la production d’une enzyme ARSA (arylsulfatase) responsable en temps normal de la dégradation de sulfatides, des lipides complexes qui sont présents dans les neurones et les cellules qui fabriquent la myéline. Aujourd’hui, dans les formes précoces de leucodystrophie métachromatique, aucun traitement ne peut empêcher l’évolution de la maladie une fois les symptômes apparus. La maladie entraîne un déclin rapide des fonctions intellectuelles et motrices. L’objectif de cet essai clinique est d’évaluer la tolérance et l’efficacité d’un nouveau médicament expérimental, AAVrh.10cuARSA, un vecteur-médicament qui permet d’introduire directement dans le cerveau le gène thérapeutique ARSA fonctionnel. Un virus (Virus Associé à l’Adénovirus, AAV), est à la base de ce vecteur-médicament, mais celui-ci a été rendu inoffensif. Il ne peut donc pas se multiplier et devenir infectieux pour l’enfant traité comme pour son entourage. Une fois le vecteur-médicament injecté dans le cerveau, le gène normal ARSA va s’exprimer dans les cellules du cerveau (neurones et cellules de la myéline) et ainsi permettre une production d’enzyme ARSA normale dans ces cellules. L’enzyme ARSA peut aussi sortir des cellules corrigées où se trouve le gène et aller corriger d’autres cellules non corrigées à côté. Le vecteur-médicament a été produit dans des conditions pharmaceutiques propres à une utilisation chez l’homme et répond aux normes requises par l’ANSM et la FDA.

L’administration du vecteur-médicament dans le cerveau des enfants malades sera réalisée lors d’une intervention neurochirurgicale, sous anesthésie générale, par six petits orifices (de 2 mm) à travers l’os du crâne, permettant de réaliser douze dépôts simultanés du vecteur-médicament à l’intérieur même du cerveau. L’intervention ne devrait pas excéder trois heures. Ce même mode d’administration d’un vecteur-médicament a été récemment réalisé chez quatre enfants atteints d’une autre maladie lysosomale du cerveau. Tout s’est très bien passé, aucun enfant n’ayant développé de complications dues à l’intervention neurochirurgicale.

La tolérance et l’efficacité du traitement expérimental sur l’atteinte cérébrale des enfants seront évaluées pendant deux ans. Par tolérance, on entend l’absence d’effets secondaires, soit de la procédure neurochirurgicale d’injection du vecteur-médicament, soit du vecteur-médicament lui-même. Par efficacité, on entend la possibilité que ce traitement ralentisse l’évolution de la maladie, puis arrête son évolution et même permette une récupération de l’atteinte motrice ou des fonctions intellectuelles. La tolérance comme l’efficacité seront évaluées au cours d’hospitalisations régulières de trois à quatre jours, tous les trois mois pendant deux ans. Lors de ces visites à l’hôpital seront pratiqués : un examen clinique et neurologique de l’enfant traité, une IRM cérébrale, des tests électrophysiologiques (potentiels) et des tests biologiques qui nécessiteront une prise de sang et une ponction lombaire.

Cinq enfants (filles ou garçons) âgés entre six mois et cinq ans, répondant à des critères bien précis, pourront participer à cette étude. S’il est âgé de plus de seize mois, l’enfant doit être capable de marcher quelques pas seul, ou de marcher quelques pas avec une aide d’un seul côté. Cet essai sera réalisé sur deux sites : à l’hôpital Bicêtre (Paris-Sud) dans le service de Neuropédiatrie et à l’hôpital Necker dans le service de Neurochirurgie. Les familles sont invitées à prendre contact avec le Pr Patrick Aubourg et le Dr Caroline Sevin, responsables de l’essai.

Consulter les détails de l’essai clinique