Effets de la triacétine à haute dose dans la maladie de Canavan



Publié le Mercredi 7 novembre 2012

La maladie de Canavan est une maladie neurodégénérative rare à transmission autosomique récessive qui débute tôt dans l’enfance. Son évolution est variable mais elle est fatale dans tous les cas et le décès survient habituellement pendant la première ou la deuxième décennie de vie.
La maladie de Canavan est causée par des mutations du gène ASPA, qui code pour l’enzyme aspartoacylase (ASPA). Normalement, l’ASPA dégrade le N-acétylaspartate (NAA) en acétate et en acide aspartique. L’absence d’activité enzymatique pour dégrader le NAA entraîne son accumulation excessive dans le cerveau et une déficience en acétate qui est nécessaire à la synthèse des lipides de la myéline.

Le glycérol triacétate, ou triacétine, est un triglycéride à chaîne courte portant trois groupements acétate sur un squelette de glycérol. C’est aussi un précurseur efficace avéré de l’acétate. L’administration par voie intragastrique de triacétine à des souris atteintes de tremblements accroît les taux d’acétate dans le cerveau et améliore les fonctions motrices. La triacétine administrée à faible dose à des enfants souffrant de la maladie de Canavan n’a entraîné aucune amélioration de leur statut clinique, ni aucune toxicité détectable.

Le profil d’innocuité suite au traitement de deux patients malades par une dose élevée de triacétine est présenté pour la première fois dans cette étude. Deux nourrissons âgés de 8 mois et 1 an et souffrant de la maladie de Canavan ont été traités par une dose élevée de triacétine pendant respectivement 4,5 et 6 mois. Le traitement a débuté par une dose de 0,5 g par kg de poids corporel et par jour en doublant la dose tous les trois jours jusqu’à atteindre la dose maximale de 4,5 g par kg de poids corporel et par jour.

Aucun effet secondaire significatif n’a été observé excepté une augmentation possible de l’acidité gastrique à la dose maximale qui a été traitée par oméprazole. Aucune toxicité n’a été rapportée. Bien que le traitement n’ait apporté aucune amélioration sur le plan moteur, il a été bien toléré. L’absence d’amélioration clinique s’explique peut-être par une instauration tardive du traitement quand des lésions cérébrales importantes sont déjà présentes. De meilleurs résultats peuvent être espérés si l’intervention thérapeutique débute à un stade antérieur au développement du système nerveux central, soit avant l’âge de 3 mois. D’autres études plus larges portant sur des patients de moins de 3 mois devront être réalisées pour tester l’efficacité de ce médicament à long terme.

Maladie : Maladie de Canavan
Type d’étude : Approche thérapeutique
Patients : Nourissons souffrant de la maladie de Canavan.
Laboratoire : Pr Gheona W. Altarescu, Institut de Génétique Médicale, Centre Médical Shaare Zedek, Jérusalem, Israël.

Source : R. Segel, Y. Anikster, S. Zevin, A. Steinberg, W.A. Gahl, D. Fisher, O. Staretz-Chacham, A. Zimran, G. Altarescu. A safety trial of high dose glyceryl triacetate for Canavan disease. Mol Genet Metab. 2011, 103(3):203-6.