Effet du bézafibrate dans l’adrénomyéloneuropathie



Publié le Mercredi 20 février 2013

L’adrénoleucodystrophie  liée  à  l’X  (ALD)  est  une  maladie  peroxysomale  due  à  une mutation du gène ABCD1 localisé sur le chromosome X. Cette maladie se caractérise par une démyélinisation progressive associée à une accumulation d’acides gras à très longues chaînes (AGTLCs) dans l’organisme.
L’adrénomyéloneuropathie (AMN), la forme adulte de la maladie, se présente comme une maladie progressive de la moelle épinière pour laquelle il n’existe aucun traitement.

Il a été montré récemment que le bézafibrate, un médicament utilisé pour le traitement de l’hyperlipidémie, réduit l’accumulation des AGTLCs dans les cellules de peau de patients ALD en inhibant ELOVL1, une enzyme impliquée dans la fabrication de ces acides gras.

Un essai clinique visant à déterminer si le bézafibrate réduit les AGTLCs dans le plasma et les globules blancs de patients AMN a été ensuite conduit.

Dix hommes souffrant d’AMN ont été traités pendant 12 semaines avec 400 mg de bézafibrate par jour puis avec 800 mg par jour pendant 12 semaines supplémentaires.

Toutes les 4 semaines, une évaluation des effets indésirables a été effectuée et des échantillons de sang ont été prélevés pour être analysés.

Le suivi régulier des patients n’a pas révélé d’effet indésirable. La nette réduction des triglycérides sanguins a permis de vérifier que les malades prenaient bien leur médicament.

Cependant, aucune diminution  des  AGTLCs  n’a été observée dans le plasma ou les globules blancs des malades. Les taux plasmatiques de bézafibrate ne dépassaient pas 25 µmol par litre.

En conclusion, le bézafibrate est incapable aux doses administrées dans l’étude de réduire le taux d’AGTLCs dans le plasma ou dans les globules blancs des patients AMN et par conséquent ne semble pas avoir un intérêt thérapeutique dans l’ALD. Il est difficile de dire si cela est dû au faible taux de bézafibrate détecté dans le plasma.

Les futurs travaux de recherche se focaliseront sur l’identification d’inhibiteurs hautement spécifiques de l’enzyme ELOVL1 capables d’agir à des concentrations beaucoup plus faibles que le bézafibrate et bien tolérés.

Maladie : Adrénomyéloneuropathie (AMN)
Sujets : 10 hommes souffrant d’AMN
Type d’étude : Essai clinique
Laboratoire : Dr Marc Engelen, Département de Neurologie, Centre Médical Académique, Université d’Amsterdam, Pays-Bas.

Source: M. Engelen, L. Tran, R. Ofman, J. Brennecke, A.B. Moser, I.M. Dijkstra, R.J. Wanders, B.T. Poll-The, S. Kemp. Bezafibrate for X-linked adrenoleukodystrophy. PLoS One. 2012, 7(7):e41013.

Veille scientifique assurée en partenariat avec l’INIST-CNRS, Institut de l’Information Scientifique et Technique