Rencontre avec David Smétanine, médaillé à plusieurs reprises aux Jeux Paralympiques et parrain actif pour ELA



Publié le Mardi 4 juin 2013

 

 

  A Pékin, en 2008, David Smétanine entre dans l’Histoire du sport sur le 100 mètres nage libre en décrochant la première médaille d’or française à des Jeux Paralympiques. Cet athlète détient un impressionnant palmarès : en trois participations, il a obtenu 8 médailles aux Jeux paralympiques (1 en 2004, 4 en 2008 et 3 en 2012). Elu au sein de l’IPC (International Paralympic Committee), il s’engage pour le développement et la médiatisation de l’handisport. Il est parrain d’ELA  depuis 2004 et revient sur son engagement.

 

 

Comment avez-vous découvert l’association ELA ?

 

Ça remonte à 2004. J’ai découvert l’association par le biais de Béatrice Hess, une amie marraine de l’association, qui est dans le handisport comme moi. Par la suite, j’ai eu l’occasion de rencontrer le président d’ELA, Guy Alba, au stade de France lors de la finale de la Coupe de France de football 2004. J’ai discuté avec lui de l’engagement de Béatrice au sein de l’association et je lui ai dit que s’il y avait un besoin particulier, je serais ravi d’aider ELA. C’est vraiment cette rencontre qui m’a permis de faire mes premiers pas auprès d’ELA et les médailles olympiques commençait à arriver, ce qui m’a permis de mettre à profit mon palmarès pour aider ELA.

 

 Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous impliquer dans l’association ?

 

Je suis athlète de haut niveau mais je suis également en situation de handicap, j’ai donc trouvé cela intéressant d’apporter ce regard particulier. Je peux être conscient des problématiques de la maladie et du handicap puisque je les vis au quotidien, même si bien sûr ma situation est bien moins difficile que celle de ces enfants qui sont malades. C’est une prise de conscience très claire qui me permet d’apporter un regard différent et même valorisant. Une personne en situation de handicap qui en soutient une autre, c’est plutôt fort comme message je trouve !
Le combat d’ELA crée de la solidarité, les sportifs s’engagent à l’image de Zidane pour ELA. L’image de l’association est très belle je trouve. En 2004, ELA n’avait pas une visibilité aussi forte qu’aujourd’hui et il me semblait important de participer à l’élargissement de la couverture médiatique de l’association. Plus on a de pierres à l’édifice, plus l’édifice a de chances d’être solide. Je me suis dit ‘Pourquoi pas m’investir un petit peu ?’.

 

Comment se traduit votre investissement aux côtés d’ELA ?

 

Je participe au tournoi de foot du Grésivaudan tous les ans depuis 2004 ! Sauf l’an dernier parce que je préparais les jeux olympiques.  C’est un tournoi international destiné au moins de 15 ans, un moment important. Je suis également très impliqué sur les dictées et les opérations « Mets tes baskets ». Au mois de mai, par exemple, j’avais trois opérations prévues avec ELA : dans une école en Savoie, avec des touts petits, un cross à Brignais dans le sud de Lyon et le tournoi du Grésivaudan.

 

Vous semblez considérer que la sensibilisation à propos de la maladie et du handicap est primordiale auprès des jeunes.

 

Oui. Je pars du principe que ce sont les jeunes les plus à même de pouvoir apporter un regard différent sur la maladie. A partir du moment où on les sensibilise dès le plus jeune âge, ils pourront faire passer un message plus fort. Plus on prend les choses tôt et mieux c’est. C’est un défi important pour l’association auprès des plus petits. Lors de ma dernière rencontre avec les élèves, tous avaient leurs dossards et m’ont accueilli de façon extraordinaire. Les courses pour ELA sont toujours des moments fantastiques  mais l’idée qu’ELA a eu avec la Dictée est également un message symbolique très fort. Cela sensibilise à la maladie dans un contexte éducatif. Les enfants font cet exercice avec beaucoup de plaisir, en souriant, tout en sachant que les enfants malades ne peuvent pas toujours écrire et aller à l’école comme eux. J’ai fait 6 dictées, à chaque fois le message est prégnant. On évoque les leucodystrophies, l’évolution de la maladie, des enfants malades,… C’est assez intéressant parce que ce sont souvent des mots barbares mais les enfants s’y appliquent. Le sport et la dictée sont vraiment de moments très symboliques et si les touts petits peuvent le faire pour ELA, tout le monde peut le faire.

 

Avez-vous gardé un souvenir particulier de ces événements et des rencontres avec les familles d’ELA ?

 

Il y en a eu plusieurs, c’est difficile de choisir un moment en particulier quand on a fait une quarantaine d’opérations ! En 2008, ELA a souhaité me remercier de façon symbolique, pour mon engagement et mon rôle de parrain, en m’offrant un maillot de football signé par Zinédine Zidane. J’avoue que j’en étais fier et c’était une belle année pour moi puisque j’ai été double médaillé d’or aux Jeux Paralympiques de Pékin.
Je suis aussi allé à Disney avec les familles. C’est un lieu particulier, qui n’est pas forcément facile d’accès en cas de handicap mais tout enfant rêve d’aller à Disney un jour. Avoir trouvé une solution pour ouvrir les portes de Disney aux enfants malades, cela montre que quand on veut faire quelque chose, on peut le faire.
Mais au fond, ce qui me marque vraiment, c’est d’avoir la chance à chaque opération de pouvoir rencontrer des familles. J’ai rencontré plusieurs fois Joseph et sa famille, ils sont devenus des amis ! Je crois que c’est l’engouement autour de ce combat contre les leucodystrophies qui est extraordinaire. Ce sont toujours de grands moments qui se ressentent dans le quotidien partagé avec les familles. Voir leur reconnaissance, ça n’a pas de prix. Les enfants et leurs parents heureux c’est le principal ! C’est très gratifiant de se rendre compte que ce qu’on fait apporte vraiment à l’association ELA.

 

Votre engagement auprès d’ELA fait-il écho à votre engagement plus général pour le handisport ?

 

C’est vrai que je ne suis pas engagé seulement auprès d’ELA mais mes activités sont cohérentes. En effet, je suis président d’honneur d’une Fondation Handisport au Cameroun. Ça montre effectivement une certaine implication auprès de la jeunesse en général, auprès des enfants malades ou qui sont en difficultés. Soutenir activement une association comme ELA, concernant une maladie rare, c’est vraiment donner de ma personne et ce que je fais avec ELA a un écho dans mes autres engagements. Peut-être qu’un jour je pourrai également œuvrer contre les leucodystrophies dans la Fondation au Cameroun, grâce à un vrai point relais d’informations.

 

Et pour la suite, quels sont vos projets sportifs et avec ELA ?

 

J’ai en effet déjà fait un bon bout de chemin mais je suis toujours dans le milieu sportif, et ce n’est pas impossible que j’aille jusqu’à…Rio peut-être ? Tant que je suis à haut niveau je continuerai à soutenir ELA, et même après !
Au niveau professionnel, je suis également conseiller régional du Rhône-Alpes, même s’il n’y a pas de lien direct avec ELA, je peux tout de même faciliter les démarches pour les opérations dans la région auprès des municipalités ou des écoles et pourquoi pas favoriser la création d’un projet « Mets tes baskets » à très grand échelle. Si l’on prend le cas du tournoi de football du Grésivaudan, chaque année des écoles me demandent de sensibiliser les enfants en amont, d’intervenir dans les écoles pour parler de la maladie. Je rencontre donc les directeurs d’écoles, les maires des communes parfois, et le fait d’être conseiller régional me donne davantage de poids que celui de simple sportif, mon implication pour ELA va au-delà de mon image de sportif de haut niveau.