Rencontre avec Daniel Narcisse, élu meilleur joueur de handball du monde en 2012 et nouveau parrain ELA



Publié le Vendredi 8 mars 2013

2012 aura été « son année » : champion olympique et élu meilleur joueur du monde, Daniel Narcisse est en pleine forme ! En 2013, il rejoindra les rangs de la très belle équipe parisienne du PSG Handball… Mais il a aussi décidé de rejoindre la plus belle  équipe du monde, celle qui veut gagner contre les leucodystrophies, en devenant le nouveau parrain d’ELA… Il nous raconte pourquoi…

 

Vous venez de rejoindre l’équipe des parrains d’ELA… Pourquoi ce choix ?

Il se trouve qu’en 2004, j’ai rencontré l’association ELA à Chambéry pour une journée « Tous en baskets » en présence de nombreuses familles et de Zinédine Zidane… A l’époque je jouais au club de Chambéry. Un match de foot de gala était organisé. Etant blessé je n’avais pas vraiment pu participer mais cela m’avait permis, sur le banc, de partager cette soirée aux côtés des familles. C’était ma première sensibilisation finalement… Ensuite ma carrière sportive m’a amené en Allemagne… Et c’est juste maintenant, parce que je reviens en France pour la prochaine saison, que l’idée de m’investir dans une cause m’est apparue évidente. Je sais que j’aurais plus de temps en étant sur place en France. Il n’est pas question pour moi de prêter mon nom ou mon image à une association et de limiter mon engagement à ça mais au contraire d’être vraiment présent, sur le terrain, pour rencontrer les gens et participer activement… Je suis beaucoup sollicité bien sûr. Beaucoup d’association ont un combat légitime à défendre mais il me semble important de me sentir vraiment en phase avec la cause. On a beaucoup discuté avec ma femme, regardé le site internet, lu la revue… Et la décision de m’engager auprès d’ELA est venue naturellement… L’association me donne l’image d’un combat collectif dont je me sens proche. Les familles se serrent les coudes, partagent, échangent… Je fais le parallèle avec mon sport : on est unis dans les victoires mais aussi dans les défaites… Je crois que je n’aurais pas pu m’épanouir dans un sport individuel… On est plus forts ensemble. Les valeurs d’ELA me sont proches : la combativité, le partage… Clairement, votre combat me touche…

 

Vous êtes Réunionnais… Saviez-vous qu’ELA a une antenne Océan Indien ?

Oui bien sûr, je savais notamment que Jackson Richardson était impliqué auprès de l’association. Le hasard fait que je connais également très bien le délégué régional Jean-Jacques Charolais. Je me sens toujours très proche de mon île que j’ai quittée à 18 ans pour passer d’un rythme de 3h d’entraînement hebdomadaires à 6h quotidiennes !… J’ai eu une adaptation pour le moins violente à assumer en métropole… Mais je reste très attaché à La Réunion où je retourne beaucoup trop rarement à mon goût…

 

Comment imaginez vous votre rôle en tant que parrain ?

J’ai du mal à me rendre compte pour être honnête… J’ai envie d’être vraiment présent aux côtés de l’association. J’ai ce besoin depuis un moment dans ma tête : cette volonté d’aider, de partager… Je sais que c’est vraiment le moment. Je suis conscient que le quotidien des familles touchées par la maladie est difficile. J’ai envie par ma présence de leur apporter ne serait-ce qu’un sourire. J’aimerais que les rencontres leur permettent de passer un bon moment, que ces instants de partage laissent de beaux souvenirs aux enfants et qu’ils soient quelque part reboostés…

Parlons de sport justement, en tant que sportif de haut niveau vous sentez vous un rôle particulier via à vis des enfants pour leur faire passer certains messages ?

Nous avons clairement un devoir d’exemplarité vis-à-vis des enfants. Ils nous regardent, nous encouragent, nous admirent parfois. Nous avons le devoir de leur transmettre un certain nombre de valeurs essentielles comme le partage, le respect, la solidarité. Ce sont des valeurs que nous devons véhiculer sur le terrain mais également en dehors. C’est le ressenti de chacun ensuite d’aller plus loin ou non en s’impliquant autour d’une cause pour partager également ces valeurs avec ceux qui en ont besoin. De mon côté, j’ai deux enfants et leur éducation est importante pour moi. Je suis assez fier d’ailleurs que mon fils qui est Français s’intègre aussi facilement dans une classe allemande, qu’il soit délégué de classe l’amène également à devoir être exemplaire… mais me prouve aussi qu’il s’est parfaitement intégré en respectant certaines règles de vie. J’aime l’idée de leur transmettre les valeurs qui me sont chères comme j’essaye de le faire dans mon métier avec tous ceux qui me suivent sportivement.
 

D’ailleurs, pour tous les fans de hand, les championnats du monde seront bientôt organisés en France. Ca serait bien que l’équipe de France porte le combat d’ELA, non ?! (rire)

Oui, c’est vrai que ça serait une très belle image ! Le handball est un sport porteur de valeurs. L’équipe de France fait rêver beaucoup de monde… On partage des valeurs communes… Il y aurait une belle histoire à raconter ensemble !!! (rire)
 

Un dernier petit mot pour les familles qui t’accueillent dans cette belle équipe de parrains d’ELA ?

Je voudrais leur dire combien je suis ravi et fier de rejoindre l’association. J’ai hâte de les voir, de partager des moments avec les enfants et j’espère qu’ils seront « regonflés à bloc » après nos rencontres…