Rencontre avec Christian Jeanpierre, journaliste sportif, musicien et parrain d’ELA…



Publié le Mardi 1 mars 2011

Beaucoup connaissent sa verve de commentateur sportif et d’animateur de « Téléfoot » sur TF1. Le journaliste sportif Christian Jeanpierre est aussi musicien et parrain de l’association. Depuis sa rencontre avec ELA, il a multiplié les actions notamment avec son groupe Rockaway qui depuis quatre ans se produit chaque mois de mai sur la scène mythique de l’Olympia pour un concert événement. On se souviendra également du défi lancé à Zinédine Zidane en juin 2009 : planter au sommet du Mont-Blanc le drapeau ELA. Un moment unique et magique qui restera pour tous inoubliable.

 

 

En quelques mots, racontez-moi votre enfance

J’ai passé mon enfance au Puy-en-Velay en Haute-Loire. Ma famille est originaire de Toulouse. J’ai grandi à la campagne avec mes frères et sœurs (je suis le 5e d’une famille de six enfants) car mes grands-parents étaient agriculteurs. Logiquement, j’ai fait des études supérieures agricoles.

Quand j’étais petit, je voulais commenter des matches de football. J’ai même joué au football à un très bon niveau. J’avais ce rêve mais je ne pensais pas au métier de journaliste.

Le déclic est venu après. Au cours de mes études, j’ai participé à un raid humanitaire au Mali. Nous installions des pompes à eau. J’ai proposé à la Dépêche du Midi de leur faire un compte-rendu. J’ai donc tenu un carnet de bord pendant le raid qui, à ma plus grande surprise, a été publié. Le rédacteur en chef de l’époque m’avait complimenté sur mes écrits et m’avait dit « il faut que tu continues ». Pour la première fois, j’ai envisagé de faire du journalisme. J’en ai parlé à mon cousin Sylvain Augier, qui m’a tout de suite encouragé à faire une école.

 

 

Et votre parcours de journaliste ?

J’ai démarré ma carrière au magazine « ça m’intéresse » en 1987. Je me suis occupé des sujets sport/aventure. En 1988, TF1 m’a pris en stage à Téléfoot, où j’ai découvert le milieu de la télévision. Et ils m’ont gardé. Depuis, j’ai eu la chance d’être le témoin privilégié des plus grands moments sportifs : coupes du Monde de football et de rugby, Jeux Olympiques… Je me prépare pour la prochaine coupe du Monde de rugby en septembre en Nouvelle-Zélande.

 

Quel a été le moment le plus fort de votre carrière ?

J’en garde deux. D’une part, la coupe du monde de rugby en 1995 qui s’est déroulée en Afrique du Sud. Pour moi, ça a été un véritable choc : la découverte de ce pays, son histoire forte, Nelson Mandela, et puis la finale de l’Afrique du Sud dans son propre pays face à la Nouvelle-Zélande.

Et puis, la demi-finale de la coupe du monde de rugby de 1999 qui a opposé la France à la Nouvelle-Zélande. Le XV de France a réussi l’un des plus grands exploits de l’histoire du rugby en éliminant les All blacks, grandissimes favoris (43-31). Au-delà de la victoire de la France, c’est certainement le plus beau match de rugby. C’était incroyable.

 

 

Racontez nous votre première rencontre avec l’association ELA ?

J’avais entendu parler de l’association au travers de différents coups d’envoi donnés par des enfants et des parrains d’ELA. Mais c’est en 2005 que mon engagement a commencé. Zinédine Zidane m’a demandé de participer à un match de gala à Rennes à l’occasion de l’opération Stades en Fête.

Ça a été un vrai choc : la mobilisation et l’engagement des personnalités, et au-delà, le discours de Guy Alba sur ce combat difficile. Il m’a tout de suite marqué. Mon engagement est devenu clair à l’écoute des familles que je rencontrais pour la première fois. Voir ces enfants, ces papas, ces mamans, écouter leur témoignage m’a bouleversé. Quelle leçon !

 

Depuis cette première rencontre, il y en a eu d’autres et même beaucoup d’autres, vous êtes notamment à l’initiative depuis 4 ans d’une grande soirée à l’Olympia avec votre groupe Rockaway. Pouvez-vous me parler de votre engagement et de ce lien fidèle qui vous lie à ELA ?

Zinédine Zidane ne m’a jamais déçu. Bien au contraire, il est dans l’action, pas dans les beaux discours… Quand il s’engage, on a envie de le suivre. A Rennes, en voyant les familles, j’ai compris : on ne peut pas rester sans rien faire.

Je suis très souvent sollicité, mais j’ai fait le choix d’un engagement réel, fidèle, dans la longueur. Etre parrain c’est une chose, surtout ne pas être inactif. Avec Rockaway, j’arrive à faire plaisir, à me faire plaisir et bien sûr réunir des fonds pour ELA. Car, il ne faut pas l’oublier, il faut que les événements qu’on crée soient rentables pour ELA, que ça participe réellement à la cause.

 

Quand vous passez du temps avec les familles, qu’est ce qui vous marque le plus ?

J’ai toujours deux émotions extrêmement fortes. A la fois, je suis complètement bouleversé par l’énergie positive dégagée par les parents : leur parcours, leur sourire, leur intelligence… Quand je passe du temps avec eux, je me dis que je sais pourquoi je me suis engagé, pourquoi je continue. C’est limpide.

Et bien sûr, quand le temps passe entre deux rencontres, les ravages de la maladie sur les enfants me marquent. Voir la maladie gagner du terrain est insupportable. Ça conditionne encore plus mon engagement. Il faut arrêter ça vite. J’ai encore plus envie de passer du temps avec elles et continuer du mieux que je peux à aider ELA.

 

Que voudriez-vous leur dire ?

Ne baissez pas les bras, continuez à vous battre.