Olivier Giroud, récent champion de France de Ligue 1, rencontre Marius, 7 ans, atteint de leucodystrophie



Publié le Jeudi 28 juin 2012

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Après une saison bien remplie à Montpellier où il est devenu champion de France de Ligue 1 et avant son départ à Arsenal (Angleterre) à la rentrée prochaine, Olivier Giroud a rencontré le petit Marius, atteint de leucodystrophie. l’occasion de revenir sur les raisons de son engagement. Interview sincère d’un parrain très touché…

 

Racontez nous un petit peu votre rencontre avec ELA ?

Ma rencontre avec ELA a eu lieu dans un premier temps par l’intermédiaire d’un joueur de foot qui jouait avec moi à Tours, Jérémy Dechelboher, qui était parrain d’ELA. Il m’ a parlé de l’association et j’ai tout de suite accepté de devenir à mon tour un des parrains. Ensuite l’association a pris contact avec moi pour m’expliquer la maladie, puis pour me solliciter sur des opérations. J’ai fait ma première dictée en 2009, c’était une belle expérience, je suis très fier de me mobiliser pour cette cause… Cette noble cause….

 

A l’époque vous n’étiez pas encore en L1, pas  autant médiatisé. Comment fait-on le choix de s’engager pour une association ? Et pourquoi faire le choix d’ELA ?

J’avais connaissance de l’association par Zidane depuis longtemps mais je ne m’étais pas impliqué à l’époque… Quand tu es jeune, tu ne  penses pas forcement à t’engager comme ça… Il a fallu un petit coup de pouce, une rencontre qui a fait que j’ai décidé de m’investir à fond. Pour moi c’est quelque chose de complètement naturel. Je l’ai fait spontanément sans hésiter une seule seconde. Quand il s’agit d’aider des enfants malades, on se dit assez vite que c’est naturel de donner un peu de notre temps, de notre médiatisation…Je pense que c’est la moindre des choses qu’on puisse faire.

 

Aujourd’hui il y a beaucoup d’enfants qui sont fans de vous, et vous quand vous étiez enfant qui était votre idole ?

Parmi d’autres c’était Zidane !  Parce que j’avais 12 ans quand il avait marqué ses 2 buts en finale de la coupe du monde  et puis indépendamment de ce match, il a de toute façon fait une brillante carrière. Et moi qui suis attaquant, je suis sensible aux buteurs…  Indéniablement, Zidane fait partie de ces joueurs qui vous marquent.

 

Si on parle juste encore un peu de foot, en dehors de votre récent titre de champion de France, quels sont vos meilleurs souvenirs pour l’instant sur un terrain ?

Il y en a eu des très beaux depuis que je suis pro… Mais si je remonte à mes débuts,  j’ai un souvenir précis. J’étais jeune, on me parlait du monde professionnel, de devenir un joueur de foot  professionnel ce qui me semblait tellement loin. C’était un rêve… Et à cette époque, quand j’avais 14 ans, j’ai eu la chance de gagner la coupe nationale chez les jeunes (l’équivalent du titre de champion de France des 14 ans) avec la ligue  Rhône Alpes. C’est vraiment un souvenir fabuleux. Moi qui étais de Grenoble, formé là bas, je me suis retrouvé à Clairefontaine… Comme les pros…  Comme dans un rêve… Ça reste mes plus beaux souvenirs. Je suis fier de ce moment là.

Vous avez rencontré Marius, un petit garçon de 7 ans atteint de leucodystrophie. Que vous inspire ce genre de rencontre ?

C’est un moment fort, un moment  lourd en émotion… C’est très touchant de voir un enfant comme ça dans les bras de son père. C’est dur. Cette image restera gravée. Même si j’ai fait des dictées auparavant, rencontré des parents, cette rencontre avec Marius, est vraiment une forme de « baptême » ; je considère que je suis devenu parrain officiel ce jour là. C’est à ce moment là que j’ai pris pleinement la mesure de ce qu’était cette maladie. Cela me donne encore plus envie de faire mon maximum  et de  rencontrer d’autres enfants, d’autres  familles à qui je pourrais témoigner mon soutien.

 

Avez-vous conscience justement de ce que vous apportez à des enfants comme Marius lors de ce type de rencontre ?

C’est compliqué de réaliser, de comprendre ce qu’il ressent. J’ai discuté avec sa maman pour savoir si, elle, justement arrive à mesurer ces instants là, à sentir s’il est heureux… J’ai eu l’impression que oui… Et de mon côté, le porter, le prendre dans mes bras, le voir me sourire…. Quels moments !

 

Est-ce que vous avez un autre souvenir d’une action auprès d’ELA ?

Oui, récemment je suis allé faire la dictée devant tout un amphithéâtre d’étudiants en sup de Co. C’est une approche vraiment différente que des primaires à qui j’avais déjà lu la dictée l’année précédente. Moi qui suis plus à l’aise sur un terrain que devant un parterre d’étudiants, j’ai du forcer ma nature… mais c’était pour la bonne cause, donc je n’ai pas hésité… Ce n’est pas grand-chose mais je suis content parce ce qu’on touche une autre catégorie de jeunes qui peuvent aussi, d’eux-mêmes,  prendre d‘autres initiatives pour faire parler d’ELA.

 

Vous avez très tôt compris l’importance du mot « solidarité »… Quel message pourriez vous passer aux jeunes d’aujourd’hui qui entendent parler d’ELA dans leur école à travers « Mets tes baskets et bats la maladie » ?

Tout simplement : il faut se mobiliser, mettre ses baskets pour ELA… Nous devons tous prendre conscience de notre chance d’être en bonne santé, de jouir de tous nos sens  et de nos jambes… La jeunesse c’est la vie. Et pourtant les familles d’ELA n’ont pas cette chance là… Alors donner un peu de notre temps pour compenser ça, pour aider ceux qui ne peuvent plus marcher, c’est vraiment un minimum ! Tous à notre niveau nous pouvons faire quelque chose pour toucher un maximum de personnes et médiatiser un peu plus cette action…