Kader Benzinia, un parrain au grand cœur pour ELA



Publié le Jeudi 23 mai 2013

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Champion du monde de full contact à trois reprises depuis 2010, Kader Benzinia est également parrain de l’association ELA depuis 2005. Alors qu’il se prépare à remettre en jeu sa ceinture en automne 2013, il évoque pour ELA son implication très active au sein de l’association.

 

 

 

Comment avez-vous découvert l’association ELA et pour quelles raisons avez-vous décidé de vous engager à ses côtés ?

 L’association ELA est partie de la ville où j’habite, c’est-à-dire Joeuf (54). C’est la ville natale du président d’ELA, Guy Alba, mais aussi de Michel Platini qui est parrain d’ELA et qui a beaucoup fait pour l’association. Tout est parti de Joeuf pour l’association et  je suis Joeuftien aussi. Dans ma famille on donne beaucoup, on s’investit pour aider alors cela me tenait à cœur d’aider ELA. Pour une bonne cause, je suis toujours partant. Le collège de Joeuf qui participe à « Mets tes baskets » m’avait sollicité et, suite à ma première victoire au championnat d’Europe en 2005, les villes alentours ont commencé à me convier dans leurs établissements également.

 

Vous êtes triple champion du monde du full contact mais saviez-vous que vous détenez également le record de participation aux opérations « Mets tes baskets » ? Quelles impressions gardez-vous de ces événements ?

 J’ai fait pas mal d’opérations, en effet, seulement ce n’était pas moi le champion, mais tous les acteurs mobilisés. On se sentira tous champions quand on aura vaincu la maladie !
Je travaille dans l’animation pour une mairie et je suis entraîneur de full contact aussi donc j’adore les enfants, les voir épanouis et heureux est l’un des meilleurs cadeaux que je puisse avoir. Etre entouré, voir leur yeux brillants ça me fait vraiment plaisir donc j’essaye de donner un maximum…à la hauteur de ce qu’on m’a donné quand j’étais jeune finalement ! J’ai rencontré les bonnes personnes au niveau sportif comme professionnel et cela m’a beaucoup aidé. Ce sont des valeurs que je tiens aussi de mes parents. J’aime bien donner et, en retour, j’ai vécu de superbes expériences avec les élèves et les dictées que j’ai faites. De plus, j’ai découvert des auteurs de dictées à travers leurs textes et les reportages d’ELA, c’est très enrichissant.

 

 Considérez-vous donc que la sensibilisation à propos de la maladie et du handicap soit primordiale auprès des jeunes ?

Oui c’est très important, de manière générale concernant toutes les maladies. Ce que je leur dis souvent, c’est que cela peut arriver à n’importe qui, dans le futur en tant que parents, à des frères, des cousins et que dans ce cas, on aimerait bien trouver un soutien, une solution. Les élèves sont à l’écoute, surtout quand on est sportif et qu’on pratique un sport de combat, ils sont très attentifs ! Généralement, ils sont toujours partants et je suis vraiment fier de tous les enfants.

 

 Gardez-vous un souvenir particulier, un moment fort, de ces événements avec ELA ?

Oui, au collège Aragon à Jarny (54), tous les enfants ont fait un immense flashmob avec leur prof de sport. Les organisateurs ont fait du bénévolat en dehors des heures de travail. La chorégraphie, le travail avec les enfants, c’était vraiment très réussi. Ils ont vraiment fait cela du fond du cœur pour l’association. C’était grandiose. J’ai adoré.
J’ai aussi rencontré le petit Julien et sa mère qui habitaient près de chez moi. Aujourd’hui l’enfant est parti et j’ai les larmes aux yeux à chaque fois que j’en parle, je l’ai vu dans toutes les opérations que je faisais, il était présent pour « Mets tes baskets et bats la maladie » et du jour au lendemain, il n’était plus là. C’est vraiment dur d’accepter qu’un enfant parte, comme cela, sans pouvoir rien faire. On peut être champion de toutes les disciplines mais là-dessus on n’arrive pas à faire grand chose. C’est ce qui me désole le plus. Dans le sport, on obtient des résultats en travaillant alors que là, on peut tout donner et on n’y arrive quand même pas, parce que la maladie est pour le moment la plus forte.

 

En tant que sportif de haut niveau, vous sentez-vous porteur d’un message particulier pour les enfants mobilisés et les familles touchées par les leucodystrophies ?

Pour les familles, on essaye d’apporter une aide supplémentaire, on véhicule leur message, leur tristesse et les besoins de leurs enfants.
Concernant les jeunes qui se mobilisent, le message principal c’est : Aidez vos prochains ! Surtout dans la période actuelle, beaucoup des gens ont tendance à être égoïstes, à ne plus échanger et communiquer. De plus, les enfants ont l’habitude de jouer seuls de nos jours, avec des jeux individuels. Avec ELA nous véhiculons des messages de solidarité et de générosité. Lorsqu’on évoque la nécessité de tendre la main, ils prennent conscience du problème. Pour ces jeunes, marcher, c’est banal alors que pour les enfants malades cela demande beaucoup d’effort et c’est formidable de pouvoir se déplacer et faire quelques mouvements. Dans la vie quotidienne, ce sont des choses que nous oublions bien vite, alors on rappelle aux jeunes qu’il faut vraiment être solidaire. Selon moi, ce sont des valeurs que l’on doit appliquer en permanence, pas seulement par rapport à la maladie contre laquelle se bat ELA, mais dès qu’une personne est en difficulté. Dans la vie, un malheur peut arriver à n’importe qui.

 

Quels sont vos projets sportifs pour la suite et vos projets avec ELA ?

Ah, je commence à me faire vieux maintenant ! Plus sérieusement, j’aimerais bien faire un championnat du monde en kickboxing, c’est une autre discipline que j’aime bien et défendre encore une fois ma ceinture de champion du monde de full contact en automne. Après, on laissera la place aux plus jeunes !
Par rapport à l’association ELA, je continuerai à aider et faire au mieux pour combattre la maladie. Je serai toujours aux côtés d’ELA et des familles tant que la maladie sera là.