Entretien avec la pétillante Caroline Bourg, comédienne et marraine d’ELA…



Publié le Lundi 24 septembre 2012

Caroline, cela fait bien longtemps que vous êtes une marraine engagée à nos côtés… Racontez nous votre rencontre avec ELA :

En fait, ma première opération a été dans une école de Belfort. Je connaissais une amie d’un des professeurs qui organisait un spectacle pour un petit Thibault, atteint de leucodystrophie, qui devait avoir 8 ans à l’époque. Elle avait proposé que je sois marraine de l’opération. J’ai tout de suite dit oui. C’était il y a déjà 6 ans. Voir tous ces enfants mobilisés pour un petit garçon c’était vraiment touchant. Je suis retournée régulièrement dans ce lycée pour d’autres opérations ELA et c’est comme ça que j’ai rencontré les équipes de l’association et décidé de m’investir complètement à ses côtés.

Et depuis, que s’est-il passé ?

J’ai fait plusieurs fois la « Dictée d’ELA », et même dans mon ancien collège à Monfort Lamaury, où j’ai retrouvé d’anciens enseignants… C’est anecdotique mais ça m’a beaucoup plu de croiser ceux qui m’avaient mis des heures de colle et de compter leurs fautes ! (rires)… Au-delà de cette opération, je suis présente dès qu’on a besoin de moi et que je peux être disponible. C’est vraiment un grand plaisir… Habituellement, on rencontre chaque fois une famille, on crée des liens… Cette année, venir à Center Parcs au week-end qui réunit toutes les familles c’était autre chose encore. On recroise des familles que l’on connait un peu et on prend le temps d’échanger… Ce sont un peu « mes familles »… La maladie est tellement diversifiée et les situations toutes très différentes que chacun a son histoire… Mais le point commun qu’ils ont tous c’est un sourire incroyable ! C’est un bonheur… Notre rôle de parrains ou de marraines, c’est juste de sourire en retour. C’est très riche en émotion, des câlins, des bisous, des sourires… Il y a un moment qui m’a touchée particulièrement c’était à la piscine à Center Parcs : ces enfants qui sont souvent si tendus, voir leur petit corps super tendu se détendre, c’était vraiment incroyable. Je garderai aussi cette image de Matéo dans les bras avec Valérie Voqt, une autre marraine présente ce week-end là. On sentait toute sa petite main se détendre pour toucher le cheval, d’un seul coup on voit son visage qui s’illumine… Il sourit. On sait qu’il est détendu. C’est un beau moment. C’était un week-end émouvant, fatiguant parce qu’intense, mais tellement fort… On sait bien que, mine de rien, il y a beaucoup de souffrance derrière et que là, on a essayé de les édulcorer pour un week-end en donnant de la joie et du sourire. Ce que je retiens c’est l’échange… J’aimerais aussi faire une confidence : parfois j’aime bien me plaindre mais là je ne me plaindrai plus je crois !

Dans un autre registre, vous vous étiez transformée en animatrice d’un jour pour l’opération « Mets tes baskets dans l’entreprise » qui, avenue Hoche, regroupait des entreprises sur une action solidaire au profit d’ELA. Ca vous avait plu ?

Ca relève du défi. Pour les familles d’ELA, un jour de plus c’est un jour gagné… Elles doivent toujours s’adapter parce que la maladie évolue… Du coup, quelque part, cette journée en tant qu’animatrice, c’était « mon défi à moi »… Je me suis dit que ce n’était peut être pas grand-chose mais, accompagnée de quelqu’un dont c’est le métier, j’allais faire le maximum… Au final, j’ai adoré ce moment… même si je sais que la prochaine fois je m’y préparerai plus que ça ! Ce jour là, j’ai trouvé qu’Amel Bent avait elle aussi bien assumé son rôle de marraine en improvisant une danse pour tous sur le podium malgré la pluie ! C’est aussi une forme de don de soi… Toujours avec le sourire quand on est proche d’ELA.

Votre rencontre avec ELA, vous nous l’avez racontée, est un peu le fruit du hasard… Aujourd’hui, vous analysez comment cette envie de vous impliquer aussi fortement ?

Je pense que c’est en nous. Ce sont des valeurs qui me sont propres, que je partage avec de nombreux parrains j’en suis persuadée… Aujourd’hui, j’ai une petite notoriété relative et si elle peut permettre d’attirer plus de monde dans le combat que mène ELA, tant mieux. Mais honnêtement, si je n’avais pas eu ce parcours professionnel, j’aurais donné tout autant. Autrement forcément, mais c’est dans ma nature. Attention, je ne suis pas une sainte, je ne mérite pas d’auréole ou quoi que ce soit, je le fais parce que, égoïstement, je reçois beaucoup aussi. Un sourire, un bisou, un câlin… Ce sont des petits échanges tellement forts. J’ai une petite anecdote qui reprend bien cette idée là : je suis allée un jour en Thaïlande sur une île sublime. Paradisiaque. Seule. Et là, je me suis dit, que j’étais juste au paradis mais que je n’avais personne avec qui le partager, que ce soit un amoureux, une amie, un copain, ta mère, ton père, n’importe qui. Ca m’a gâché ce plaisir d’être seule à cet instant là. Parce que j’ai fondamentalement besoin de partager… Cette notion de partage, de donner quelque chose, de recevoir ou simplement de regarder dans la même direction à un moment ou d’avoir un fou rire ensemble pour X raisons, ça c’est fort. Et donc égoïstement, je donne de mon temps mais je reçois tellement en échange. Les familles sont contentes, j’en ai croisé tellement qui me disent « merci ». Et je me dis chaque fois que c’est moi qui devrais les remercier…

Une dernière question, pourriez-vous nous parler de votre actualité ?

J’ai énormément tourné en début d’année donc ce sera diffusé dans les six mois qui viennent, beaucoup de séries… dont certaines vous surprendront… c’est une surprise ! Je viens d’achever un téléfilm qui sera sur France Télévisions qui s’appelle « 100 pages blanches » de Laurent Jaoui avec Marius Collucci, Armelle Deutsch, Lamine Lezghad, Michel Jonasz et moi-même. C’est une comédie fantastique romantique assez géniale, il ne faudra pas le rater… Je retourne quelques jours sur « Plus Belle la Vie » en octobre. Mon personnage revient ponctuellement, une fois par an et j’apprécie toujours ces tournages parce que l’équipe est adorable ; c’est toujours un bonheur d’être là-bas.

C’est une équipe particulière cette équipe de « Plus belle la vie » ?

En fait c’est une famille. J’ai commencé dans une série dans « Sous le soleil » c’était aussi cet esprit famille parce que nous étions tous parisiens et que l’on se retrouve dans un monde qui n’est pas le nôtre… A l’époque Saint Tropez devenait mon deuxième « chez moi » et nous avions créé des liens forts entre toute l’équipe. C’est un peu l’esprit d’une troupe de théâtre… Pour PBLV, le contexte est le même ; on travaille beaucoup, vite, mais on s’apprécie tous, on travaille dans de bonnes conditions… Et j’ai de la chance c’est encore dans le sud, près de la mer au soleil ! D’ailleurs, j’ai un autre projet qui me mènerait cette fois en Italie… Je rêve de devenir connue là bas et de faire avancer ELA Italie ! (rires)