Delphine Racinet-Réau, championne olympique de tir, se mobilise pour ELA



Publié le Vendredi 26 avril 2013

Elle a le sourire et le contact faciles. Delphine Racinet-Réau, médaillée de bronze de tir aux Jeux Olympiques de Londres, a pris son rôle de marraine d’ELA très au sérieux lors de cette matinée sportive du 25 avril. Sous le soleil du parc Aubert au Chesnay (78), elle est venue encourager les 800 élèves du collège Charles Péguy mobilisés en masse pour l’opération « Mets tes baskets et bats la maladie ». Pour nous, elle revient sur les raisons de son engagement au sein d’ELA, le vent de solidarité qui souffle sur la jeunesse et son tête-à-tête avec les familles concernées par la maladie. Rencontre avec une grande championne.

Le 10 mars dernier, vous participiez à la 8e édition du « 10 km de Magny-le-Hongre » (77), une course à pied organisée chaque année au profit d’ELA. Une tireuse qui fait de l’athlétisme, ce n’est pas banal. Pourquoi vous êtes-vous engagée dans cette opération ?

Ce n’est pas un hasard. Je fais partie du club d’athlétisme de La Rochette et Damary-les-Lys (77). Lorsque Lahcene Hiane, mon coach et organisateur de cette course solidaire, m’a proposé de rejoindre la grande famille des parrains de l’opération, j’ai accepté les yeux fermés ! Ce n’est pas tous les jours que l’on peut courir aux côtés de personnalités aussi prestigieuses que Mehdi Baala, Muriel Hurtis, Sandra Laoura, Ladji Doucouré et bien d’autres.

Dans le cadre de son programme « Challenge », qui récompense chaque année des athlètes en devenir, la Fondation Française des Jeux (FDJ) a proposé à ses challengers médaillés olympiques 2012, dont vous faites partie, de reverser généreusement une bourse de 5 000 € à l’association de leur choix. Pourquoi avez-vous choisi ELA ?

Lorsque Lahcene m’a invitée à rejoindre le combat d’ELA via la course de Magny-le-Hongre, je me suis immédiatement connectée sur le site de l’association pour en savoir plus. J’ai pu y glaner des informations sur les différentes missions d’ELA et de sa Fondation de recherche scientifique. J’en ai appris beaucoup sur la maladie et j’y ai été très sensible. Cela m’a rappelée le dur combat qu’a mené mon amie d’enfance, atteinte d’une sclérose en plaques, une pathologie apparentée aux leucodystrophies, et décédée en 2009. Alors quand la Fondation FDJ m’a laissée le choix de l’association pour faire don d’une bourse, je n’ai pas hésité une seconde ! Aujourd’hui, je suis ravie de faire partie des marraines de l’association.

Ce matin, vous participez pour la première fois à l’opération « Mets tes baskets et bats la maladie » dans les écoles. Pour l’occasion, 800 élèves ont volontairement fait le déplacement pour soutenir ELA. Quel effet cela vous fait-il de voir autant de jeunes mobilisés pour la bonne cause ? Etes-vous étonnée par l’esprit de solidarité et, d’une certaine façon, par la maturité qui se dégagent de la jeune génération ?

IMG_1217_bisJe suis épatée par la motivation des élèves du collège Charles Péguy du Chesnay ! Leurs efforts sur le terrain prouvent que la phase de sensibilisation à la maladie et au handicap a pris sens au fond d’eux. Généralement, à cet âge là, les jeunes se croient invincibles. Mais cette journée de mobilisation leur rappelle que la vie est faite de hauts et de bas. Et, pour certains, les combats sont encore plus difficiles à mener.

Est-ce que ce sont des valeurs que vous essayez de diffuser en tant que sportive de haut niveau ?

En effet, je me sens investie d’une certaine mission. D’autant que je vais bientôt prendre ma retraite sportive, alors j’ai un devoir de transmission. Plus modestement, j’essaie d’inculquer aux jeunes de la Fédération Française de Tir les grandes valeurs du sport que sont le sens de l’engagement, l’esprit d’équipe, le goût de l’effort ou encore l’humilité. Je dis toujours que, dans le sport comme dans la vie, il faut apprendre à se relever lorsque l’on tombe. Face à la maladie, c’est beaucoup plus compliqué. Il est nécessaire d’en faire prendre conscience à la jeune génération !

Cette mobilisation est aussi une opportunité pour vous d’échanger avec Gwendal,
17 ans, atteint d’une leucodystrophie. Est-ce votre premier contact avec la maladie ?

Non, ce n’est pas mon premier contact. J’ai déjà eu l’occasion de discuter avec des familles concernées à Magny-le-Hongre. Et je trouve cela toujours plus enrichissant de rencontrer directement les gens qui vivent avec la maladie au jour le jour que de lire leur témoignage dans un journal. Les voir se battre nous aide à garder les pieds sur terre. Cela nous permet de relativiser nos petits soucis du quotidien. C’est une véritable leçon de vie !

Pour finir, une anecdote insolite vous concernant. Votre discipline suppose d’avoir une vue parfaite, mais vous êtes myope. Remporter deux médailles olympiques dans ces conditions relève presque de l’exploit. Quelle morale pouvez-vous en tirer ?

En effet, en plus d’être myope et astigmate, j’ai un problème de convergence. Du coup, au lieu d’utiliser mes deux yeux, je n’en utilise qu’un seul pour tirer ! Mais ce double « handicap » ne m’a pas empêchée de me révéler dans ma discipline. Moralité, on est tous capable de vaincre l’adversité à partir du moment où l’on croit profondément en soi et en ses capacités !