La leucodystrophie métachromatique

La leucodystrophie métachromatique (MLD) est une maladie neurodégénérative due au déficit d’une enzyme lysosomale appelée arylsulfatase A. Elle peut débuter dans l’enfance, l’adolescence ou l’âge adulte et se caractérise par une démyélinisation rapide du système nerveux central et périphérique associée à une accumulation de sulfatides dans le cerveau et les reins.

La leucodystrophie métachromatique est une maladie héréditaire transmise sur le mode autosomique récessif. Ainsi, pour un couple dont les membres sont tous les deux porteurs de la mutation, le risque d’avoir un enfant atteint (fille ou garçon) est de 25 % pour chaque grossesse.

On estime que cette maladie touche entre 1/45 000 enfants à la naissance.

Source: Gene Reviews (anglais)

En savoir plus :

1. Forme infantile tardive

La forme infantile débute entre 1 an ½ et 2 ans ½ par des troubles moteurs qui conduisent les parents souvent à consulter pour un trouble de la marche. La maladie évolue de manière foudroyante (perte de la marche, de la station debout, de la station assise, des fonctions cognitives) en quelques semaines ou mois, conduisant un état grabataire avec cécité en quelques mois et au décès en général 5 ans après le début des symptômes.

2. Forme juvénile

La forme juvénile survient entre 4 et 12 ans. Elle débute le plus souvent par des troubles du comportement et une baisse des performances intellectuelles suivie plus tardivement par des troubles moteurs, des crises d'épilepsie, une ataxie et des difficultés d'élocution. La progression est moins rapide que dans la forme infantile, mais l'issue est toujours fatale, la plupart des patients décédant avant l'âge de 20 ans.

3. Forme adulte

La forme adulte débute après l'âge de 12 ans mais le diagnostic n'est souvent fait qu'à l'âge adulte. Des troubles psychiatriques et une détérioration mentale progressive (changement de personnalité, chute de performance professionnelle, évoluant vers une démence) ou des troubles moteurs sont caractéristique de la maladie. L'issue est fatale, souvent dans les trois ans qui suivent l'apparition de la maladie.

La leucodystrophie métachromatique est due à une mutation du gène ARSA localisé sur le chromosome 22 (22q). Ce gène code pour l'arylsulfatase A, enzyme située dans le lysosome de la cellule et responsable de la dégradation des sulfatides, composant lipidique important de la myéline. A ce jour, plus de 115 mutations du gène ARSA ont été identifiées.

Le dysfonctionnement de l'enzyme ARSA se traduit par une accumulation des sulfatides dans le système nerveux central et périphérique qui est responsable de la démyélinisation. Le mécanisme précis conduisant à cette démyélinisation reste à élucider.

La forme infantile se caractérise par un déficit très important, voire une absence d'activité de l'arylsulfatase A. Dans la forme juvénile, le déficit enzymatique et l'excès en sulfatides sont moins importants mais toujours présents. Dans la forme adulte, en revanche, il existe une activité résiduelle de l'enzyme.

Dans de rares cas, des mutations du gène SAP-B, localisé sur le chromosome 10 (10q21-22), ont été décrites. Le SAP-B est l'activateur de l'enzyme nécessaire à la dégradation des sulfatides. Les mutations sont responsables d'une leucodystrophie métachromatique avec déficit en activateur, maladie dont le clinique" class="glossy" title="liste des caractéristiques, symptômes et signes d'états pathologiques cliniquement observables." >tableau clinique est celui d'une leucodystrophie métachromatique classique infantile ou juvénile. Dans ce cas, l'arylsulfatase A est normale, mais la surcharge en sulfatides est présente.

Le diagnostic repose sur la mise en évidence du déficit enzymatique en ARSA par une simple prise de sang. Ce diagnostic sera confirmé par une biopsie d'un nerf sensitif et par la présence dans les urines d'un excès de sulfatides. Une IRM et un électromyogramme peuvent également être proposés.

Greffe allogénique de moelle osseuse

Chez les individus atteints d'une forme juvénile ou adulte, c'est le seul traitement qui permet, lorsqu'il est effectué au tout début de la maladie (avant l'apparition de signes de dégradation neurologique), de stabiliser ou de faire régresser les lésions cérébrales de démyélinisation. La greffe n'est possible que si un donneur ou un sang de cordon compatible est trouvé. Cette procédure reste associée à une lourde mortalité.

La greffe n'a cependant aucun effet sur l'atteinte du système nerveux périphérique et dans les formes infantiles de la maladie, une fois que les patients ont développé des symptômes.

Prise en charge des symptômes

Les traitements ont pour but pour améliorer la qualité de vie des enfants et des adultes malades : lutte contre la douleur, la raideur, la spasticité, l'épilepsie, traitement des complications orthopédiques, alimentation par sonde gastrique pour permettre un apport nutritionnel suffisant.

Prise en charge psychologique

Cette prise en charge doit concerner non seulement le patient, mais également les frères et sœurs des garçons atteints, les parents, le conjoint et bien souvent plusieurs membres de la même famille.