La Dictée d’ELA



KP siteBilan de la Dictée d’ELA 2016

La Dictée d’ELA a eu lieu le lundi 10 octobre 2016 et a été lue le même jour dans tous les établissements scolaires inscrits. Cette année c’est Katherine Pancol qui a rédigé un texte inédit, écrit spécialement pour l’occasion et qui reprend les valeurs qui sont chères à ELA. Lors de cette Dictée, 400 lecteurs (enseignants, personnalités) se sont mobilisés dans les salles de classe.
Du 10 au 19 octobre, lors de la Semaine ELA, 2 209 établissements scolaires ont participé à la Dictée et ce sont près de 300 000 élèves qui se sont penchés en même temps sur leur copie.

La mobilisation continue

Il n’est pas nécessaire d’avoir participé à la Dictée d’ELA au préalable pour participer à la campagne « Mets tes baskets et bats la maladie ». Si vous souhaitez courir pour les enfants d’ELA, n’attendez plus et inscrivez-vous en ligne en cliquant sur ce lien

Crédit photo : Sylvie Lancrenon

Retrouvez le kit d’organisation de la Dictée en cliquant sur ce lien.

Vous pouvez également redécouvrir les précédentes dictées d’ELA, toutes rédigées par des écrivains de renom, en cliquant ici.

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Revivez la dictée d’ELA en images…


 

Prix Ambassadeur 2016

 


 

Quelques réponses à vos questions …

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Est-ce une dictée ordinaire ? 

Non, cette dictée est avant tout un message de solidarité dont le but est de fédérer la communauté scolaire autour de la cause d’ELA. Elle n’est ni un exercice d’évaluation, ni un concours d’orthographe. Les élèves pourront donc procéder à une autocorrection, un moyen de s’imprégner du texte et de s’approprier le message.

Qui peut y participer ?

La Dictée d’ELA s’adresse à tous les élèves, de l’école primaire à l’enseignement supérieur. Selon le niveau de classe, vous pouvez l’adapter :

  • en notant les mots difficiles au tableau ;
  • en copiant le début du texte au tableau et en ne dictant que la fin

Comment organiser la dictée ?

Vous êtes libres d’organiser cet événement comme vous le souhaitez. Toutefois, voici quelques conseils :

  • distribuez, à chaque personne qui lira la dictée, une photocopie du texte original que nous vous joignons. Prenez connaissance du texte avant le jour de la dictée ;
  • le jour J, lorsque les élèves sont installés dans la classe, le chef d’établissement ou l’enseignant présente l’association ELA, l’événement, l’auteur du texte, la personnalité qui a peut-être répondu à votre invitation pour lire la dictée ;
  • avant de faire la dictée, nous vous conseillons de diffuser la vidéo d’ELA (durée 15 minutes). Elle vous permettra de sensibiliser les élèves au combat de l’association ;
  • une fois la dictée terminée, nous vous encourageons à créer un moment d’échange entre les élèves et les personnalités présentes autour des notions de handicap, de solidarité….  Pour les écoles primaires, n’hésitez pas à inviter les parents d’élèves à se joindre aux élèves pour faire la dictée

Jouez la carte de l’originalité : invitez un lecteur ! 

Vous pouvez inviter un lecteur à venir lire la dictée. Cela donne un attrait supplémentaire à l’événement, aussi bien pour les élèves que pour les médias. Vous pouvez, par exemple, solliciter un élu municipal, un membre du conseil départemental ou régional, un sportif local, un chef d’entreprise… La présence d’un lecteur est bien entendu facultative.

Retrouvez toutes les informations nécessaires dans le guide pratique dictée en cliquant ici

Editions précédentes



Le temps d’une matinée, ils sont des centaines de milliers, élèves de tout niveau, enseignants, personnalités, parrains et familles d’ELA à se mobiliser.

L’année scolaire 2016-2017 marque la 13e édition de ce premier temps significatif de la campagne « Mets tes baskets et bats la maladie ». Depuis maintenant 13 ans, la Dictée d’ELA permet de créer un véritable élan de solidarité. Chacune des éditions est unique : un texte inédit, des moments d’échange et générosité…

 

 

Crédit photo : Gian Gorassini-Bestimage

Retrouvez les éditions précédentes :

K.PANCOL1Du 10 au 19 octobre 2016, des milliers d’établissements scolaires ont participé au lancement de la campagne citoyenne et solidaire « Mets tes baskets et bats la maladie à l’école ». Cette année, c'est Katherine Pancol qui a rédigé un texte inédit, intitulé « Quand on veut, on peut... ». Ce texte a eu lieu le lundi 10 octobre et été dicté à 300 000 élèves dans plus de 2 209 établissements. Pour cette occasion, 400 lecteurs se sont improvisés professeur d'un jour en lisant la Dictée. Parmis eux, de nombreux parrains d'ELA : des comédiens et acteurs (Frédéric Bouraly, Claudia Tagbo, Emmanuelle Boidron, Aurélien Wiik, Cécilia Hornus, Marie-Hélène Lentini, Noémie Merlant...), des chanteurs (Souf, David Ban, Amel Bent, Shérifa Luna...), des sportifs (Amandine Lhote, Pierre Houin, Jérôme Fernandez, Thomas Didillon...), des animateurs et journalistes (Sandrine Quétier, Louis Bodin...).


 

"Quand ont veut, on peut"...

- Tu veux savoir quel genre de fille je suis ? elle demande, appuyée sur un coude sur la table de la cuisine en mâchonnant la chaînette dorée qu'elle porte à son cou.

Les parents se sont retirés au salon. Ils les ont laissés ensemble pour qu'ils fassent plus ample connaissance. C'est bien une idée de parents de vous enfermer pour que vous soyez obligés de parler ! Vous croyez qu'ils se sont plu ? Ils vont chuchoter bientôt derrière la porte.

Il tire sur la boucle de la cannette de Coca, en renverse la moitié sur la table, éponge avec sa manche et prend le temps de répondre :

- Oui. Envoie du lourd !

Il fait son crâneur. Elle va le clouer au sol.

- Figure-toi que je suis première en saut en hauteur…

- Moi aussi.

- Première en dictée…

- Moi aussi.

- J'aime les oiseaux à plumes orange et bleues…

- Moi aussi.

-... les rouleaux de réglisse.

- Moi aussi.

- Je collectionne les images du Brésil parce que plus tard j'irai vivre à Rio sur le Pain de Sucre.

- Moi aussi.

- J'y construirai une maison avec un petit jardin et deux éléphants.

- Moi aussi.

- Menteur ! Tu dis tout comme moi.

- Menteuse, toi-même ! Arrête de te vanter.

- Allez, viens, on va arrêter de se prendre la tête.  Mets tes baskets et on va courir pour les enfants d’ELA. Pour eux, on sera les plus forts et on va battre tous les records.

- Pas sûr qu'on y arrive…

- Si. Quand on veut, on peut. Les perdants sont ceux qui n'essaient pas. J'aime pas ceux qui n'essaient pas.

- Moi aussi !

Nothomb Dictée Du 12 au 17 octobre 2015, des milliers d’établissements scolaires ont participé au lancement de la campagne citoyenne et solidaire « Mets tes baskets et bats la maladie à l’école ». Pour les douze ans de la dictée d’ELA, Amélie Nothomb, Prix de Flore 2007, nous a fait l’honneur de nous offrir « Un mot pour courir », un texte inédit empreint du combat des enfants atteints de leucodystrophies. Ce texte a été dicté à 236 000 élèves à travers toute la France.
La lecture du texte a eu lieu le 12 octobre dans 2161 établissements. Le temps d’une dictée, de nombreux parrains d’ELA se sont essayés au métier de professeur. Parmi eux, des sportifs (Luc Alphand, Alain Bernard, Christophe Lemaitre, Florent Pietrus, Daniel Narcisse...) des chanteurs (Grégoire, Mickaël Miro…), des comédiens (Frédéric Bouraly, Cécilia Hornus, Claudia Tagbo…), des animateurs et des journalistes TV (Vincent Cerutti, Catherine Laborde, Sandrine Quétier…). Au total, plus de 400 personnalités se sont rendues dans des établissements scolaires pour transmettre le message d’ELA.


"Un mot pour courir"

Vallaud Belkacem ZidaneLes mots sont magiques : quand le bon mot vient au bon moment, tout devient possible.
Par exemple, prenons le mot « baskets ». A priori, il n’apporte pas grand-chose. Il n’est ni très beau, ni intéressant. Mais imaginons un personnage qui aurait besoin de courir, pour défendre une cause importante, comme celle des enfants d’ELA : à ses yeux, les baskets, c’est un mot qui a des ailes.
Je pense que jusqu’à présent je n’avais jamais écrit le mot « baskets ». C’est normal, les personnages de mes livres courent peu.
Aujourd’hui, j’ai écrit ce mot pour la première fois et déjà ma pensée commence à courir.
Oui, les mots sont magiques.

 

MTB_Portrait Dicker_Copyright Jeremy Spierer-webDu 13 au 17 octobre 2014, des milliers d’établissements scolaires ont participé au lancement de la campagne citoyenne et solidaire « Mets tes baskets et bats la maladie à l’école ». Pour les onze ans de la dictée d’ELA, Marie Darrieussecq, Prix Médicis 2013, nous a fait l’honneur de nous offrir « La Virgule », un texte inédit empreint du combat des enfants atteints de leucodystrophies. Ce texte a été dicté à 200 000 élèves à travers toute la France. La lecture du texte a eu lieu le 13 octobre dans plus de 1 700 établissements. Le temps d’une dictée, de nombreux parrains d’ELA se sont essayés au métier de professeur. Parmi eux, des sportifs (Luc Alphand, Frédérick Bousquet, Muriel Hurtis, Florent Pietrus, Matt Giteau, Eric Melville...) des chanteurs (Mickaël Miro, Yannick Noah…), des comédiens (Valérie Vogt, Ludovic Baud, Frédéric Bouraly, Michel Crémadès, Léa François, Cécilia Hornus…), des animateurs et des journalistes TV (Sophie Gastrin, Catherine Laborde, Estelle Denis, Sandrine Quétier, Sophie Thalmann…). Au total, plus de 350 personnalités se sont rendues dans des établissements scolaires pour transmettre le message d’ELA. "La virgule" Je suis une virgule, et je ne suis pas contente. Tout le monde dit que les virgules ne servent à rien. Je proteste : les virgules servent à respirer. Ce n’est pas rien. Les virgules offrent des pauses, et aussi des poses, écrivez-le comme vous voulez. Dictée NoahSi vous enlevez les virgules, les phrases seront comme des autoroutes, elles fonceront sans réfléchir. Et moi j’aime bien prendre mon temps. Je trouve que les virgules ressemblent à des oiseaux. Elles sont posées sur les phrases comme des hirondelles. Ou comme des escargots. Ou comme des limaces ! Elles ne font pas autant de bruit que les points d’exclamation. Elles ne se prennent pas au sérieux. Elles sont plus discrètes que les points d’interrogation. Et quand les virgules rencontrent des points, parfois elles tombent amoureuses. Les points croient qu’ils ont toujours raison : un point c’est tout ! Mais avec les virgules, ils s’adoucissent. Ils se mettent à douter. Ça donne des points virgules. Les points virgules aussi vont lentement. Ils aiment bien ne pas être oubliés. Ils sont petits, ils ne sont pas très nombreux, et on ne pense pas souvent à eux. Mais ils sont là. Il y a des gens comme ça. Des enfants, et des adultes aussi. Ils font partie du monde. Ils ne ressemblent pas à tout le monde. Mais sans eux, il nous manquerait une part d’humanité.

MTB_Portrait Dicker_Copyright Jeremy Spierer-webDu 14 au 19 octobre 2013, des milliers d’établissements scolaires ont participé au lancement de la campagne citoyenne et solidaire « Mets tes baskets et bats la maladie à l’école ». Ainsi, plus de 200 000 élèves ont été sensibilisés au combat des enfants atteints d’une leucodystrophie grâce à la Dictée d’ELA. Cette année, pour la 10e édition, c’est sur un texte inédit intitulé « Changer le monde » de Joël Dicker (Prix Goncourt des Lycéens 2012) que les élèves ont planché. A travers son texte, l’auteur souhaite montrer qu’ « on a tous la possibilité de faire des petits gestes : faire une dictée, échanger sur la maladie, informer son entourage, ou encore organiser un événement avec ses amis au profit de l’association... Ce qui compte, c’est de vouloir changer les choses ». Et pour donner un écho tout particulier à l’événement, plus de 350 invités de marque se sont improvisés professeur de français en lisant Grégoire-webla dictée : des sportifs (Luc Alphand, Franck Beria, Marie Delattre, Jérôme Fernandez, Christophe Lemaître, Frédéric Michalak, Florent Pietrus...) des chanteurs (David Ban, Mathieu Carnot…), des comédiens (Malik Bentalha, Frédéric Bouraly, Michel Crémadès, Léa François, Cécilia Hornus, Jérémie Poppe, Elodie Varlet…), des animateurs et des journalistes TV (Julien Arnaud, Denis Brogniart, Estelle Denis, Christian Jeanpierre, Catherine Laborde, Jean-Michel Larqué, Laurent Mariotte, Sandrine Quétier, Sophie Thalmann…).

"Changer le monde"

Quand André m’a dit pour sa sœur, je n’en revenais pas.

– Malade ? ai-je répété. Comment ça « malade » ?

– C’est ce que les médecins ont dit. On s’est assis sur un banc du parc et on a soupiré tous les deux. On n’avait plus du tout envie de faire une course de vélo à travers l’allée centrale.

– En plus elle a pas du tout l’air malade, j’ai dit. Moi, quand je suis malade, j’ai de la fièvre et je reste au lit.

– C’est à cause que c’est une maladie évolutive. Je n’ai pas pu m’empêcher de le corriger.

– On ne dit pas « à cause que » on dit « parce que ». André s’est rebellé :

– Oh, on s’en fout de la grammaire aujourd’hui ! En gros, ça veut dire qu’aujourd’hui ça va, mais demain ça ira moins bien, et le jour d’après aussi. Et quand t’es un enfant, tu vas pas bien loin quand ça commence comme ça pour toi…

– Et les médecins disent qu’on peut rien faire ?

– Rien. Rien de rien. Ils font bien de la recherche. Mais ça se guérit pas. André m’a regardé avec un air très triste. Je lui ai dit :

– Faut pas être triste. Ça va pas aider ta sœur. Il m’a répondu :

– Je suis triste parce que je peux rien faire. Je l’ai attrapé par les épaules et je lui ai dit :

– Bien sûr qu’on peut faire ! On peut même faire des tas de choses ! On va en parler autour de nous, on fera un exposé en classe, on récoltera de l’argent pour aider la recherche en portant les commissions des vieilles dames, en organisant des ventes de pâtisseries, en promenant les chiens des voisins. On va pas se laisser faire ! On va se battre ! C’est ensemble qu’on est fort ! Le visage d’André s’est illuminé et, d’un coup, il a sauté du banc et a enfourché son vélo.

– En route, s’est-il écrié.

– On va où ? J’ai demandé en me précipitant pour le suivre. Il m’a regardé et il m’a dit en souriant :

– Changer le monde.

La campagne « Mets tes baskets et bats la maladie » a été lancée le 22 octobre 2012 par la Dictée d’ELA. Alexis Jenni, prix Goncourt 2011 et auteur du texte de cette 9e édition, a mis son talent au service de l’association pour participer à la diffusion du message de solidarité d’ELA.

Chaque année depuis 8 ans, un auteur de renom prête sa plume à ELA. Alexis Jenni fait suite à Jean Portrait Jennid’Ormesson (2011), Marc Lévy (2010), Guillaume Musso (2009), Eric-Emmanuel Schmitt (2008), Daniel Pennac (2007), François Morel (2006), Daniel Picouly (2005) et Philippe Claudel (2004). Durant l'année 2012/2013, plus de 200 000 élèves se sont appliqués à retranscrire le texte «Une paire de baskets pour deux » d’Alexis Jenni. L’auteur qui est également enseignant rappelle que « la solidarité est quelque chose de fondamental pour la vie de tous » et que même si l’on ne peut guérir la maladie actuellement, il est bon de savoir qu’on peut porter le poids de celle-ci ensemble.

 

 

Durant la semaine nationale d’ELA entre le 22 et le 27 octobre 2012, aux quatrVALERIE TRIERWEILER LIT LA DICTEE ELAe coins de la France, de nombreux parrains d’ELA se sont mobilisés pour transmettre ces valeurs de solidarité aux élèves. Le temps fort de la semaine a été la lecture de la Dictée par Valérie Trierweiler au collège Evariste Gallois à Paris (75).  Mais ce sont aussi Nathalie Baye, Laurent Blanc, Denis Brogniart, Sébastien Chabal, Jérôme Fernandez, Léa François, Imanol Harinordoquy, Christian Jeanpierre, Christophe Lemaître, Bixente Lizarazu, Stéphane Plaza, Sandrine Quétier, Claudia Tagbo, Jonny Wilkinskon ainsi que 200 autres parrains d’ELA qui ont endossé le rôle de professeur le temps d’une dictée.

 

Une paire de baskets pour deux

On l’appelait le petit malade, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup. Il aurait préféré courir mais ses jambes ne lui obéissaient plus. Il restait au lit dans sa chambre. Mais il s’était fait offrir des baskets, il avait dû insister, et on les lui avait posées à côté de son lit, comme s’il les avait bien rangées avant de se coucher. Leurs semelles intactes sentaient le plastique neuf, et cela envahissait toute la chambre. Il en rêvait ; il rêvait de les mettre.
Son meilleur ami ne courait pas non plus. Il était un peu rond, et quatre étages sans ascenseur c’était déjà bien. Quand il venait le voir il arrivait essoufflé, et en s’asseyant près du lit, en reprenant son souffle, il se moquait toujours des baskets neuves. « C’est vraiment le cadeau le plus idiot, disait-il. Comme si on offrait… un peigne à un chauve. » Et cela les faisait rire tous les deux, ensuite ils parlaient d’autre chose.
« Elles sont pour toi, dit un jour le petit malade.
- Pour moi ?
- Pour que tu coures à ma place.
- Mais je ne cours jamais…
Il devint très sérieux.
- Ça te ferait plaisir ?
- Oui. Mets mes baskets et va courir pour moi. Ensuite repose les devant mon lit et raconte moi. "
C’est ce qu’il fit. Il courait mal mais il apprit. Il mettait les baskets et courait pour celui qui ne quittait jamais son lit. Il revenait tout rouge et lui racontait. Le petit malade dormait mieux, il rêvait qu’il courait, grâce à son ami qui chaque soir un peu moins essoufflé lui rapportait ses baskets. Les chaussures perdirent leur odeur de neuf, les semelles s’usèrent. Ils couraient ensemble, et à tous les deux cela faisait du bien.

 

 

Bilan de la 8e dictée d'ELA

Chaque année, la dictée d’ELA marque le coup d’envoi de la campagne "Mets tes baskets et bats la maladie". Pour la deuxième fois, elle a lancé la Semaine nationale ELA qui s'est déroulée du 17 au 22 octobre 2011.

 

 

Le 17 octobre 2011, le texte de la dictée d’ELA a été lu dans près de 2 000 établissements scolaires : 170 000 élèves se sont penchés en même temps sur leur copie. L’objectif est de sensibiliser les jeunes à la maladie, et d’ouvrir la réflexion et le débat sur les thèmes de la différence, de la solidarité, du respect et du handicap.

Chaque année depuis 7 ans, un auteur de renom prête sa plume à ELA. Après Philippe Claudel (2004), Daniel Picouly (2005), François Morel (2006), Daniel Pennac (2007), Eric-Emmanuel Schmitt (2008), Guillaume Musso (2009) et Marc Levy (2010), c'est Jean d'Ormesson qui signe la 8e dictée d'ELA. Retrouvez son texte intitulé "Une dictée singulière".
En écrivant cette dictée, Jean d'Ormesson avait une pensée très forte pour les enfants et les familles d’ELA « J’ai pensé aux enfants et aux familles qui souffrent et j’ai voulu leur donner un peu de mon temps que je défends avec tant d’égoïsme… Mon conseil ? Soyez généreux, pensez un peu aux autres. Les autres, c’est vous-même ! ».

Le 17 octobre, aux quatre coins de la France, des parrains d’ELA et des personnalités de tout horizon ont fait leur entrée dans les salles de classe pour lire la dictée dans les près de 2 000 établissements inscrits cette année à l’opération. Une façon originale de mobiliser le monde scolaire autour d’ELA.

 

Pour Bruno Solo, parrain de l’opération cette année et lecteur dans une école parisienne, cette opération a du sens « C’est à l’école qu’on éveille les consciences et la sensibilité. C’est le premier chemin vers la curiosité et l’intérêt pour les autres. Quand on a la chance d’être en bonne  santé et heureux, on doit pouvoir aider sans être dans la compassion mais plutôt dans l’attention, la tendresse. ». C’est aussi pour soutenir cette démarche forte de sensibilisation que Laurent Blanc, Denis Brogniart, Bafetimbi Gomis, Grégoire, Michaël Grégorio, Claire Keim, Christophe Lemaitre, Bixente Lizarazu, Sandrine Quétier, Sophie Thalmann et plus de 200 personnalités partout en France ont également été les professeurs d’un jour.

 

Une dictée singulière

Quel ennui ! Une dictée ! La vie serait si belle sans dictée, sans mots difficiles à écrire, sans toutes ces choses assommantes – comment ça s’écrit assommantes ? – qu’on nous demande de faire. Ce que nous aimons, c’est mettre nos baskets, aller nous promener, retrouver nos amis, courir sous le soleil et nous amuser.
Malheureusement, tout le monde ne peut pas s’amuser. Il y a des hommes et des femmes – et beaucoup d’enfants – qui ont de graves maladies aux noms très difficiles. Ces maladies rendent leur vie sombre et triste. C’est pour les aider que nous faisons cette dictée.
Comment les aider ? D’abord, en pensant à eux. Ensuite en obtenant de l’aide et de l’argent pour les soigner. La science peut guérir les maladies. Mais la science coûte cher. Il faut des moyens. Il faut nous mobiliser. Il faut attirer l’attention sur tant de souffrance et de chagrin.
Chaque mot que nous écrivons est un peu d’espoir pour ceux qui sont malades. Nous sommes vivants, en bonne santé et heureux de vivre – malgré les dictées. Pensons un instant à ceux qui sont malheureux. La vie est plus belle quand tout le monde est heureux.
Maintenant la dictée est finie. Vous avez fait un premier pas pour battre la maladie. Ne reste plus qu’à mettre vos baskets et à courir pour les enfants d’ELA.

 

 

 

Partout en France, le 18 octobre 2010, des centaines de milliers d'élèves ont découvert le texte de la 7e Dictée d'ELA, "une gifle de lumière", rédigé par l'écrivain Marc Levy.

La 7e Dictée d'ELA était attendue de tous.  Élèves, enseignants, familles et parrains de l'association ainsi que de nombreuses personnalités se sont réunis le temps d'une matinée pour parler des leucodystrophies et du combat des enfants malades. Loin d'être une dictée ordinaire, l'objectif a été de créer des moments forts d'échanges et de discussion sur la maladie, le respect, la solidarité et le handicap. Écoles, collèges, lycées... tous ont pris part à cet élan de solidarité lancé par l'association ELA. Cette année, c'est l'écrivain Marc Levy, qui a écrit ce texte inspiré du combat des enfants malades. Il précise qu'il a voulu "partager l'appréciation de la différence de l'autre, faire le pendant entre un personnage qui se moque de la différence d'une petite fille et un autre personnage qui trouve dans cette différence la complémentarité qu'elle apportera à sa propre différence".
Des temps forts partout en France
Pour donner un écho particulier à la Dictée, acteurs, chanteurs, sportifs de haut niveau, élus locaux ont fait leur entrée dans les salles de classe pour lire le texte de Marc Levy.

Le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc a lu le texte en compagnie de Guy Alba et du recteur de l’académie de Créteil, William Marois, au collège Paul Valéry de Thiais (94).

Et ailleurs : Julien Arnaud (journaliste), Najoua Bélyzel (chanteuse), Aurélie Bargème (comédienne), Blandine Bellavoir (comédienne), Patrice Carmouze (journaliste), Benjamin Castaldi (animateur TV), Stéphane Diagana (champion d’athlétisme), Albert Dupontel (acteur), Elodie Gossuin (animatrice TV), Grégoire (chanteur), Yannick Jauzion (rugbyman), Magalie Lunel (animatrice), Michel Onfray (philosophe), Carole Rousseau (animatrice TV), Jean-Luc Reichmann (animateur TV), David Smetanine (nageur handisport), Dimitri Yachvili (rugbyman), Merwan Rim et Maéva Méline de la troupe Mozart. Les acteurs de la série « Plus belle la vie », Marwan Berreni, Dounia Coesens, Serge Dupire, Léa François, Cécilia Hornus, Elodie Varlet, des footballeurs du Stade Rennais F.C., de l’Olympique Lyonnais, de l’AS Nancy Lorraine, du FC Metz, et bien d’autres… ont rejoint cet événement.

 

Une gifle de lumière

Des années ont passé, je me souviens encore de Lucie Martinez, cette fille transparente et silencieuse que nous faisions semblant de ne pas voir. Ce jour-là, elle était seule comme toujours pendant la récréation sur le banc devant la fenêtre de la classe, comme absente. Nous courions dans tous les sens, criant et riant dans la clameur et la bousculade de nos jeux.

C’est alors que le grand Renaud s’arrêta pile devant elle, goguenard, et se mit à déambuler, à couiner et à grogner allant et venant genoux pliés et bras ballants comme un singe. Elle resta figée un moment, leva enfin les yeux, se mit debout en se déhanchant à cause de sa jambe trop courte, et se dressa de son mieux devant lui. Je m’arrêtai de courir, frappé d’une soudaine inquiétude pour cette fille désarmée, qui se tortillait pour tenter de grandir à hauteur de Renaud hilare devant elle. Il me sembla qu’un silence inattendu s’étendit sur la cour de récréation. Lucie Martinez ouvrit un bras, et gifla Nollard d’une claque violente. Je m’approchai, d’autres élèves aussi. Lucie Martinez leva le bras à nouveau, une deuxième gifle retentit. Nous entourions Nollard, il ne lui restait plus qu’à s’en retourner, bougonnant un juron. Lucie Martinez tremblait un peu. Elle se tourna lentement vers nous, claudicante, son regard allait de l’un à l’autre, et un sourire éclaira son visage d’une pâle lumière. Mon copain Chambon lui mit la main à l’épaule : "ma vieille, tu es formidable, je n’ai jamais vu un lancer pareil. On a déjà deux filles, on a besoin de toi aussi dans l’équipe, alors tu viens demain avec tes baskets, et si tu ne peux pas sauter pour aller au panier, je te mets en défense dans l’équipe de basket, vu ?".

 

“Le dictionnaire” de Guillaume Musso

Plus de 2 500 établissements scolaires et près de 200 000 élèves ont participé à la dictée d’ELA le lundi 5 octobre 2009.

Après Philippe ClaudelDaniel PicoulyFrançois MorelDaniel Pennac et Eric-Emmanuel SchmittGuillaume Musso est l’auteur de la dictée 2009 intitulée ”le dictionnaire”. A cette occasion, l’école Ampère(Paris 17e) a accueilli le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, le président d’ELA, Guy Alba, le recteur de l’académie de Paris, Patrick Gérard, Azylis, atteinte de leucodystrophie et son papa Loïc, Guillaume Musso et Florent Pagny pour lire la dictée aux élèves.

A travers toute la France, de nombreuses personnalités ont répondu à l’appel d’ELA et ont lu la dictée dans les établissements scolaires comme Amine (chanteur), Isabelle Brès (journaliste), Denis Brogniart (journaliste), Blandine Bellavoir (comédienne), Najoua Belyzel (chanteuse), Amel Bent (chanteuse), Antoine Coesens (comédien), Yann Delaigue (ancien international de rugby), Yann Delplace (navigateur), Christian Jeanpierre (journaliste sportif), Nikola Karabatic (handballeur), Magali Lunel (journaliste), Nathalie Simon (animatrice TV), David Smetanine (nageur paralympique médaille d’or aux JO de Pékin), Carole Rousseau (animatrice TV), Claudia Tagbo (comédienne), Sylvie Tellier (directrice générale de la société Miss France), Sophie Thalmann (animatrice TV) ), Stéphane Tortora (rédacteur en chef de Sport M6), Astrid Veillon (comédienne), Dimitri Yachvili (rugbyman), les footballeurs du Stade Rennais F.C., de l’AS Nancy-Lorrainedu Stade Malherbe de Caen, du FC Metz et bien d’autres encore…

 

Le dictionnaire

Comme je n’ai jamais été très fort en orthographe, il m’a fallu cinq bonnes minutes pour trouver le mot "incurable" dans le dictionnaire. à voir les yeux fatigués de mes parents, je me doutais que j’allais lire une mauvaise nouvelle. "Incurable : qu’on ne peut soigner. Synonyme : inguérissable". Quel rabat-joie ce dictionnaire ! Même pas une lueur d’espoir ou un mot réconfortant. De colère, j’ai décidé de le jeter et d’en écrire un nouveau, sans maladie et sans pleurs, qui commencerait par " à vos marques " (parce que j’adore le sport) et finirait par "zoo" (parce que j’adore les animaux).

"Si cette maladie est aussi méchante, m’a affirmé le docteur, c’est parce que c’est une maladie orpheline". Voilà une drôle d’explication : avoir perdu ses parents, est-ce une raison pour se venger sur les enfants des autres ? Je ne lui ai rien fait, moi, à cette maladie au nom compliqué.

Pourtant, si j’écoute les gens autour de moi, elle finira par me rattraper. Pas si sûr. La course, croyez-moi, je connais. Il faut me voir dans le stade : dès que j’ai ma vieille paire de baskets aux pieds, rien ne peut m’arrêter. Alors je vais courir, courir si vite que la mort ne me rattrapera jamais. Courir avec mes semelles de vent pour disperser aux quatre coins du monde les pages de mon dictionnaire. Et si je dois m’arrêter un jour, je sais que viendront d’autres enfants pour prendre le relais, d’autres courses, d’autres espoirs. Et quand nous serons des milliers, quand nous serons une armée, nous piétinerons la maladie. Avec pour arme notre volonté. Et une bonne paire de baskets.

Une "fabrique de rêves"

Plus de 2 500 établissements scolaires et près de 200 000 élèves ont participé à la dictée d'ELA lundi 6 octobre dernier. Cette nouvelle dictée lance officiellement la campagne "Mets tes baskets et bats la maladie".Après Philippe Claudel, Daniel Picouly, François Morel et Daniel Pennac, l'écrivain Eric-Emmanuel Schmitt a prêté sa plume à l'association au travers d'un texte intitulé "La fabrique de rêves". "Souvent le rêve partagé finit par créer de la réalité", raconte Eric-Emmanuel Schmitt .
A cette occasion, le Collège Hélène Boucher (Paris 20e) a accueilli le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, le président d'ELA, Guy Alba, le recteur de l'académie de Paris, Maurice Quenet et les parrains de l'association, Sylvie Tellier et Olivier Girault.A travers toute la France, des centaines de personnalités issues du monde de la musique, du cinéma, du sport et de la télévision ont pris part à cette action dans les établissements scolaires à l'instar de Luc Alphand (sport automobile), Amine (chanson), Aurélie Bargème (théâtre), Najoua Belyzel (chanson), Benjamin Castaldi (télévision), Ladji Doucouré (athlétisme), Flavie Flament (télévision), Laura Flessel (escrime), Rachel Legrain-Trapani (Miss France 2007), Jacques Legros (journalisme), Jeannie Longo (VTT), Toifilou Maoulida (football), Harry Roselmack (journalisme), Carole Rousseau (télévision), Franck Solforosi (aviron), Sophie Thalmann (télévision), des footballeurs du Stade Rennais F.C., du Stade Malherbe de Caen, de l'AS Nancy Lorraine, du FC Metz, du FC Gueugno... et bien d'autres.La fabrique de rêves - Eric-Emmanuel Schmitt (2008)
- Moi, quand je serai grande, je serai hôtesse de l'air, annonça Rose, l'aînée.- Moi, quand je serai grande, je serai cosmonaute, répliqua Lilas qui voulait toujours surpasser sa sœur.- Moi quand je serai grand, je serai nain dans un cirque, riposta Florian, le troisième, qui répondait n'importe quoi.- Moi, quand je serai grand, je serai mort, dit Olivier.On regarda Olivier qui souriait, paisible. De futur, Olivier, atteint d'une maladie incurable, n'en avait guère ; d'après les médecins, la gêne qu'il éprouvait à bouger ses bras ou ses jambes allait s'accentuer jusqu'à lui engourdir le corps et rendre bientôt sa vie impossible. En entendant la réponse d'Olivier, le père réfléchit. Il faut comprendre qu'imaginer l'avenir était le métier de Monsieur Doré puisqu'il tenait une fabrique de rêves ; dans un long immeuble de onze étages, il occupait des centaines d'employés visionnaires à créer et développer des rêves. Le client qui s'inscrivait à sa compagnie « Rêves sur mesure » se voyait d'abord interrogé par des psychologues afin que l'on détermine son profil de caractère, puis livré aux mains d'une équipe inventive lui concoctant des songes appropriés. Ce commerce marchait d'autant mieux qu'une étude scientifique avait démontré que plus l'on avait de rêves, plus l'on vivait longtemps.Le lendemain, le père emmena son fils à la fabrique de rêves. Ses spécialistes découvrirent qu'Olivier, contrairement à ce qu'il prétendait, avait quand même un rêve, mais un seul, celui d'avoir une vie normale.On ne s'en rendait pas compte parce que, aux autres, cela paraissait si évident qu'ils ne le souhaitaient même pas.- Pour que votre fils croie à son rêve, il faut que les autres y croient aussi, lui dit le chef des projets. Souvent le rêve partagé finit par créer de la réalité.Ainsi le père, ce jour là, eut l'idée de créer la fameuse taxe sur le rêve. A chaque client qui venait développer ses rêves, il demandait deux choses : un euro pour le rêve de son fils, une minute à espérer que son fils guérisse.Avec l'argent amassé et la multiplication solidaire des rêves positifs, Olivier a pu être mieux soigné. Il est toujours là, pas encore grand mais déjà plus vieux, et il sourit davantage.
Un jardin pour la dictée
Plus de 2500 établissements scolaires ont participé à la dictée d'ELA lundi 1er octobre et 225 000 élèves ont planché dans la bonne humeur. Ce moment d'échange entre les élèves et leurs professeurs autour des valeurs de respect et de solidarité a été une nouvelle fois un instant privilégié. Cette dictée lance officiellement la campagne " Mets tes baskets et bats la maladie ". Après Philippe Claudel, Daniel Picouly et le comédien François Morel, l'écrivain Daniel Pennac a prêté sa plume et a offert son univers poétique à l'association au travers d'un texte intitulé "Le jardin d'ELA". "Ecrire la dictée d'ELA tombe sous le sens du coeur", raconte Daniel Pennac.
A cette occasion, le Collège Jacques Prévert (paris 6e) a accueilli l'auteur,le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, le président d'ELA, Guy Alba, le recteur de l'académie de Paris, Maurice Quenet et les marraines de l'association, Claire Chazal et Sophie Thalmann...
Le Ministère de l’Education nationale parraine officiellement l’action d’ELA dans les établissements scolaires depuis 1994, date de création de " Mets tes baskets et bats la maladie ".   De nombreuses personnalités se sont mobilisées : Luc Alphand (sport automobile), Aurélie Bargème (cinéma), Florence Baverel-Robert (biathlon), Najoua Belyzel (chanson), Emmanuelle Boidron (cinéma), Caroline Bourg (cinéma), Benjamin Castaldi (télévision), Emmanuel Coindre (navigateur), Vincent Defrasne (biathlon), Stéphane Diagana (athlétisme), Marc-Olivier Fogiel (journalisme), Pascal Gentil (taekwondo), Christian Jeanpierre (journalisme), Françoise Laborde (journalisme), Rachel Legrain-Trapani (Miss France 2007), Leslie (chanson), Olivier Monterrubio (football), Sandrine Quétier (télévision), Steve Savidan (football), Sylvie Tellier (Miss france 2002), les footballeurs de l'AS Nancy Lorraine, du Stade Rennais F.C, du Stade Malherbe Caen, du FC Metz
Le jardin d'ELA - Daniel Pennac (2007)
Tout le monde le lui avait dit : rien ne poussera jamais là-dessus, jeune dame ! Autant semer sur une coquille d'œuf. On lui donnait toutes sortes de raisons pour renoncer, la plus fréquente étant que personne, - vous m'entendez : " personne ! " - n'a jamais, - vous m'entendez : " jamais ! ", - rien fait pousser sur cette terre ! C'est tout calcaire, silex et grands vents, ces étendues-là. Et quand ce n'est pas le vent du Nord, c'est le vent du Sud. Tout s'envole, là-dessus, l'homme lui-même a peine à tenir debout sur ce sol de lune. Et puis l'hiver ça gèle, et puis l'été ça grille, et quand il pleut la flotte fout le camp par en dessous, entraînant avec elle le peu de terre où les racines auraient pu s'accrocher. Rien à faire, on vous dit, jeune dame, aucun espoir ! Il ne guérira jamais. Il y a quinze ans de ça. Quinze années divisées par leurs quatre saisons. Aujourd'hui, 16 août 2007, je vous écris cette dictée au cœur du jardin qu'ELA a fait naître de ce néant, à l'ombre fraîche du tilleul qu'elle y a planté, dans le feu d'artifice des solidagos, des épilobes, des ancolies, des euphorbes, des aconits, des ellébores, des roses trémières, de la valériane, de la sauge, de la joubarbe, de l'absinthe, de toutes ces vivaces si belles à voir et si difficiles à orthographier. A tout ce qu'on lui objectait il y a quinze ans, ELA avait juste répondu : - Comme cette terre désespérée, ces enfants n'ont besoin que d'une chose pour guérir : beaucoup d'amour.

Daniel PENNAC

Un impératif : la solidarité !

Plus de 3 000 établissements scolaires ont téléchargé la dictée sur le site d'ELA et des dizaines de milliers d'élèves l'ont écrite le 2 octobre à la même heure. Ce moment d'échange entre les élèves et leurs professeurs a une nouvelle fois représenté un instant privilégié pour unir les enfants autour des valeurs de respect et de solidarité. La dictée d'ELA marque le lancement de la campagne " Mets tes baskets et bats la maladie ". Après Philippe Claudel et Daniel Picouly, le comédien François Morel est l'auteur de la 3e dictée d'ELA intitulée "Un seul impératif : la solidarité". Il y relaie avec talent et humour le message de solidarité d'ELA. "L'union des bonnes volontés fait la force de la vie", écrit-il pour signer son texte.
A Paris dans le 12e arrondissement, les élèves de CM2 de l'école située rue de Charenton ont vécu le temps fort de la matinée avec la venue du Ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, François Berléand, François Morel, Sophie Thalmann et Zinédine Zidane. Tous les enfants ont consciencieusement écrit la dictée lue par Gilles de Robien, présent pour soutenir l'action d'ELA. Rappelons que le Ministère de la l'Education nationale parraine officiellement l'action d'ELA dans les établissements scolaires depuis 1994, date de création de "Mets tes baskets et bats la maladie ". Des élus et des personnalités ont lu cette dictée dans de nombreux établissements comme Luc Alphand (pilote), Denis Brogniart (journaliste), Bernard Campan (comédien), Benjamin Castaldi (animateur TV), Emmanuel Cueff (président Stade Rennais F.C.), Sylvain Dispagne (rugbyman), Elodie Gossuin (Conseillère régionale), Christian Jeanpierre (journaliste), Toifilou Maoulida (footballeur), Louis Saha (footballeur), Sophie Thalmann (animatrice TV), Dimitri Yachvili (rugbyman)...
Un seul impératif : la solidarité - François Morel (2006)
« Monte dans ta chambre et va te coucher ! » « Mouche ton nez et dis bonjour à la dame ! » Ah ! Depuis l'enfance, nous en avons entendu des ordres, des commandements, des sommations… Parfois les impératifs sont énigmatiques : « ouvre la bouche et ferme les yeux ». Parfois militaires : « mettez-vous en rang deux par deux et taisez-vous». Ils invitent souvent à la prudence : « regarde bien à gauche et à droite et attends bien que le petit bonhomme soit passé au vert avant de traverser », quelquefois à l'hygiène élémentaire : « enlève les doigts de ton nez ». Un jour heureusement, on entend quand même des directives un peu plus voluptueuses : « approche-toi de moi, embrasse-moi… » Depuis quelques années, une nouvelle formule est née. C'est encore un ordre mais joyeux celui-là, énergique, vital… Il s'adresse à tout le monde, aux filles et aux garçons, aux grands et aux petits, aux matheux et aux littéraires, aux cancres et aux premiers de la classe, pourvu qu'on soit de bonne volonté. Pourvu que l'on juge l'égoïsme comme un fléau, l'individualisme comme une notion ringarde. Pourvu que l'on considère la résignation, le renoncement comme des ennemis mortels. « Mets tes baskets et bats la maladie » comme on dirait « retrousse tes manches et refuse la fatalité ». « Prends ton courage à deux mains mon cousin et invente un monde plus solidaire. »
François Morel

Rendez-vous sans faute

Michel Platini et Daniel Picouly

Lundi 3 octobre 2005 à 10h, des milliers d'élèves dans plus de 600 établissements scolaires de toute la France ont participé à la 2e édition de la dictée d'ELA.

Après Philippe Claudel (Prix Renaudot 2003), auteur de la première dictée "Pour toi, pour moi", Daniel Picouly (prix Renaudot 1999) a mis tout son talent et sa plume pour rédiger la nouvelle dictée d'ELA intitulée "La petite faute". Le principe est désormais acquis, l'auteur de la dictée choisit son successeur. Philippe Claudel a donc passé le relais à Daniel Picouly.

Loin d'être un exercice d'évaluation, la dictée d'ELA a permis un moment d'échange sur le droit à la différence, le handicap et l'espoir de battre la maladie. Lue par des enseignants, des élus, des représentants de l'association, des personnalités ou des parrains d'ELA, la dictée a fait couler beaucoup d'encre en ce lundi peu ordinaire. Le temps fort de l'événement a eu lieu à l'école primaire de Montretout à Saint-Cloud (92) en présence de Michel Platini, Guy Alba et Daniel Picouly.

Un moment chaleureux et insolite avec le champion aux multiples ballons d'or comme professeur et Classe dictée 2005l'écrivain au milieu des élèves pour les aider. "S'engager pour ELA, ça veut dire pour moi, désormais, conjuguer mes idées et mes actes en même temps ", explique Daniel Picouly, déterminé à faire passer le message d'ELA.

Elie Semoun, Michel Boujenah, Benoît Duquesne, Patricia Petibon, Luc Alphand, Annie Duperey, Philippe Claudel, Didier Gustin, Christian Jeanpierre... De nombreuses personnalités ont répondu à l'appel d'ELA pour lire la dictée dans les classes.

 

La petite faute - Daniel Picouly (2005)

Daniel Picouly - Dictée 2005Il était une fois une faute d'orthographe. Pas une bien grosse. Plutôt, une petite. Mais une faute d'orthographe tout de même. Et, chez nous, on ne badine pas avec ce genre de faute. C'est quatre points en moins. Voilà tout. Cinq fautes et c'est zéro.

La petite faute d'orthographe était malheureuse. Malheureuse de provoquer tant de mauvaises notes et de causer autant de chagrin aux enfants. Mais ce qui l'attristait à pleurer, c'est que plus personne ne voulait jouer avec elle. Pas un nom, un adjectif, un verbe, n'acceptait qu'elle vienne se mêler à eux. Pas le moindre article, la plus infime des conjonctions de coordination. Pousse-toi ! Va t-en ! On ne veut pas de toi ! Mais pourquoi ? Je suis toute petite. Peut-être, mais quand tu es là, on ne ressemble plus à rien. On ne veut plus rien dire. Regarde, moi, par exemple. Je m'appelle « basket »'C'est joli comme nom'D'accord, mais imaginons que tu oublies le « s ». Je deviens « baket ». Est-ce qu'on peut courir avec des « bakets » ? Non. On peut se laver dans un « baquet », mais pas courir avec. Tu comprends ? C'est important de pouvoir mettre ses baskets et courir derrière la maladie.

La petite faute comprenait. Les baskets avaient raison. Elle n'avait pas pensé à tout ça. Alors, elle s'est excusée et elle est repartie en baissant la tête. Un peu honteuse. La petite faute était une faute au mot « chromosome ». Le chromosome 11q14.3 Elle espère qu'un jour, quelqu'un viendra l'effacer. La faire disparaître. Elle sait que ce quelqu'un portera des baskets. Des baskets, sans plus jamais de faute d'orthographe. Promis.

Daniel Picouly

Pour toi, pour moi, pour ELA

L'opération "Mets tes baskets et bats la maladie" n'a pas cessé d'évoluer. L'association ELA a souhaité répondre aux attentes des participants et de la communauté éducative.Pour fêter le 10ème anniversaire de l'opération, nous avons invité tous les établissements scolaires à participer à un événement national inédit, spécialement conçu pour le lancement de "Mets tes baskets et bats la maladie"."Si un jour tu me croises, tu sauras me reconnaître...", Lundi 20 septembre 2004 à 10h, des milliers d'élèves dans plus de 300 établissements ont écrit ces mêmes mots en participant en même heure à la dictée d'ELA intitulée "Pour toi, pour moi". Elle a été rédigée par Philippe Claudel, prix Renaudot 2003.
De nombreuses personnalités, marraines d'ELA, ont lu le texte aux élèves "un texte avec des mots simples qui va plus au coeur qu'à la tête" a confié Philippe Claudel.Pour lui donner un rayonnement conséquent, nous avons demandé aux enseignants de confier aux élèves le soin de diffuser le texte de la dictée le plus largement possible, soit par internet vers d'autres établissements, soit par affichage, ou encore par voie de presse, etc. Pour toi, pour moi - Philippe Claudel (2004)

Philippe Claudel - Dictée 2004Si un jour tu me croises, tu sauras me reconnaître. Tout sera dit dans mes yeux. Et moi aussi je te reconnaîtrai. Bien sûr que je te reconnaîtrai. Il n'y a pas trente-six chemins pour nous retrouver, pour que tu ailles là où jamais je ne pourrai aller, pour que je te dise ce que jamais tu ne pourras connaître. Nous sommes dans le même monde, tu le sais.

Nous sommes au monde toi et moi, comme deux frères, comme deux amis qui peut-être s'ignorent encore. Regarde-moi. Regarde-moi s'il te plaît. Prends ma main, touche ma peau, parle-moi. Oui, parle-moi encore. Ne pense pas que je ne t'entends pas. Ne crois pas que je ne comprends pas tes mots. N'imagine pas qu'ils se cognent contre moi sans jamais m'atteindre. Lorsque tu parles, c'est mes mots que tu dis. Lorsque tu vis, c'est moi par toi qui vis un peu plus fort. Oui, nous sommes dans le même monde.

Nous sommes en vie, toi et moi, en vie, sais-tu, et ma vie s'enrichit de la tienne, comme la tienne se nourrit de la mienne. Il y a autour de nous tant de merveilles, tant de beauté. Aide-moi à les saisir. Pour que ta main secoure la mienne, pour que ton cœur batte au même rythme que le mien, pour que nos yeux contemplent enfin, ensemble, le monde épanoui, pour que tes jambes soient un peu les miennes, s'il te plaît, mets tes baskets et bats la maladie !

Philippe Claudel

 

 

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