La psychomotricité et le concept Snoezelen



Publié le Vendredi 30 novembre 2012

Les leucodystrophies sont des maladies dégénératives du cerveau qui affectent toutes les fonctions vitales. Les personnes atteintes de ces pathologies rencontrent des handicaps divers qui peuvent se cumuler ; handicaps moteurs, handicaps sensoriels…

Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile de faire « du bien » au corps, de se détendre, d’explorer des fonctions que l’on n’a plus ou que l’on n’a plus l’habitude de solliciter.

Pour palier à ces difficultés et apporter davantage de confort, deux modes d’éveil, pas toujours très bien connus, existent : la psychomotricité et le Snoezelen.

 

La psychomotricité

La psychomotricité telle que la définit Wikipédia, est une spécialité du développement global de la personne. Elle regroupe « l’ensemble des fonctions motrices qui sont en lien direct ou indirect avec la pensée, la psychologie et les fonctions cérébrales ».

La psychomotricité est une profession paramédicale, reconnue par l’Etat, définie par le décret du 6 mai 1988 et s’exerce sur prescription médicale.

Cette pratique peut concerner des enfants qui rencontrent un retard dans les acquisitions psychomotrices (marche, propreté, etc.), mais aussi toute personne présentant des difficultés d’adaptation liées à un handicap mental ou présentant des troubles tonico-émotionnels (nervosité, agressivité, etc.).

Elle permet d’agir sur le corps pour rétablir les fonctions physiques, mentales et affectives entravées, de mieux prendre conscience de son corps, de le maîtriser, d’en faire un instrument capable de s’exprimer et de communiquer. Le travail du psychomotricien relève aussi bien de la rééducation que de la thérapie.

Comme nous l’explique Dorothée Gilet, psychomotricienne à la Maison d’Accueil Spécialisée d’Oignie (62), la psychomotricité vise à améliorer les capacités d’adaptation d’un individu dans sa dimension perceptivo-motrice. Elle permet de rétablir et/ou d’enrichir les rapports de l’individu avec son propre corps, avec autrui et avec son environnement. D’une manière générale, elle facilite le stimulus et le développement des expériences motrices globales, et encourage le patient à découvrir un potentiel moteur souvent sous-utilisé pour l’amener à vivre des moments de détente corporelle.

Pour arriver à ces fins, le psychomotricien utilise des techniques diverses qui font intervenir le corps (expression gestuelle, activités rythmiques, de coordination, jeux…) en utilisant un matériel varié en fonction de l’âge et des possibilités de la personne sans pour autant écarter le contact corporel. Comme le précise Dorothée Gilet, « entrer en relation par le toucher est une belle rencontre. Les massages permettent à la personne souffrant d’un handicap de ressentir les limites de son corps et participent ainsi à l’unification de son identité psycho-corporelle, à un mieux-être ».

 

Le concept snoezelen

Le snoezelen est un néologisme résultant de la contraction de 2 termes néerlandais : snuffelen (explorer) et doezelen (somnoler).

Ce concept date des années soixante-dix. C’est une pratique non directive de stimulation visant à établir une relation personnelle, dans un milieu naturel ou non, permettant de vivre une expérience sensorielle, subjective et constructive. Le snoezelen consiste donc à créer un environnement qui propose des sollicitations sensorielles qui génèrent du plaisir et de la détente.

L’objectif est simple : donner du bien être à la personne stimulée grâce au plaisir que lui procure l’activité, limiter son stress.

Les 5 sens sont stimulés (toucher, ouïe, odorat, vue, goût) permettant une conscience de l’ici et maintenant. Le psychomotricien (ou tout autre professionnel formé à la pratique) apporte son aide et son soutien et agit sur l’ambiance si besoin, en fonction des réactions de la personne.

La pratique du snoezelen est avant tout une affaire de savoir-être sensoriel de la part de la personne stimulante envers la personne stimulée. De ce fait, il n’est pas indispensable de disposer d’un lieu adapté pour le pratiquer même si sa pratique peut faire appel à un espace dédié.

 

L’espace de snoezelen

Cet espace apaisant est conçu pour pouvoir stimuler les sens au travers d’effets variés : effets lumineux, jeux de couleurs, de musique, de parfums… Les murs constitués de différentes textures de matières permettent une exploration tactile. Quant au sol, il est agencé de telle manière qu’il stimule la recherche d’équilibre. L’espace est adapté avant la séance afin de solliciter plusieurs sens à la fois ou, au contraire, pour se concentrer sur un seul sens. L’adaptation se fait en jouant sur les différents paramètres de l’espace.

Pratique dans un contexte thérapeutique

Initialement conçu pour stimuler les personnes atteintes d’autisme, le snoezelen est également utilisé avec des patients atteints de handicaps lourds. Cette démarche privilégie la communication sur un mode sensoriel. Dorothée Gilet qui utilise la salle snoezelen de la Maison d’Accueil Spécialisée d’Oignie nous confirme ses bienfaits : « la personne est amenée à vivre des expériences sensorielles positives, à son rythme (vue, toucher, ouïe, odorat, balancements/vibrations) et à être actrice de ce qu’elle vit. Ces conditions optimales permettent aux personnes souffrant de pathologies déficitaires de se réapproprier leur corps et d’appréhender l’environnement, d’échanger avec l’accompagnant et de reprendre confiance. Les bienfaits sont visibles et perdurent dans le temps ; on observe une réduction des tensions nerveuses accumulées et inscrites dans le corps ».

 

Snoezelen s’adapte aussi au domicile

Le snoezelen n’est pas uniquement le propre des établissements spécialisés. Il est possible de recréer cet univers à domicile, et d’aménager un coin douillet dans un espace limité.

La société « Un Monde de Sens » a créé des unités mobiles qui se présentent souvent sous la forme de chariots et qui permettent de créer une atmosphère Snoezelen. Ces unités mobiles se composent souvent de tous les éléments basiques Snoezelen et sont munies d’un équipement électrique complet. Il suffit de le brancher à une prise pour alimenter les différents équipements.

Les produits Snoezelen adaptés au domicile, ne remplacent en aucun cas une séance accompagnée par un professionnel formé à la pratique, mais peuvent permettre ponctuellement une forme de bien être et de stimulation de certains sens.

Que ce soit par le biais de la psychomotricité ou de la méthode snozelen, l’objectif principal est de permettre à la personne dépendante de vivre des situations qui vont lui permettre de mieux appréhender ensuite sa vie quotidienne.

 

Un Monde de Sens (anciennement TFH) possède 25 ans d’expérience dans le domaine du sensoriel, aussi bien en design, conseil et installation de salle Snoezelen®, ainsi qu’en commercialisation de produits à l’usage des familles, des Établissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), des Instituts Médico-Educatif (IME), des Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS), des Service d’Education Spécialisée et de Soins A Domicile (SESSAD), des Centres d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP) et des hôpitaux.

Un Monde de Sens

5 avenue Charles de Gaulle

78230 LE PECQ

Standard:

01 30 61 49 00

 

 

 

Dorothée Gillet, Psychomotricienne, MAS d’Oignies.

Psychomotricienne depuis 2002, Dorothée Gillet a débuté sa carrière dans un service de soins pour enfants et adolescents porteurs de trisomie 21. Elle est ensuite partie dans le domaine de la petite enfance, puis celui de la psychiatrie adulte.  Elle exerce actuellement dans une maison d’accueil spécialisée gérée par l’Association des Paralysés de France (APF) pour des adultes dépendants dans les actes de la vie quotidienne.

 

Sources :

www.ela-asso.com

www.psychomotricite.com

www.psychomot.tout.petit.free.fr

www.isna.fr

www.snoezelen.fr

fr.wikipedia.org

 

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