Partout en France, des centaines de milliers d’élèves ont été mobilisés ce matin pour la traditionnelle Dictée d’ELA. Retour sur cette matinée riche en émotion pour beaucoup. Témoignage et photos…



Publié le Lundi 22 octobre 2012

S90A1265

Avant de mettre leurs baskets, près de 2 000 établissements scolaires ont planché ce matin sur la Dictée d’ELA, 9ème du nom, écrite cette année par le lauréat du Prix Goncourt 2011, Alexis Jenni. Une dictée intitulée « Une paire de baskets pour deux » qui a été l’occasion pour tous les élèves d’échanger ensemble, avec professeurs, familles d’ELA, parrains ou personnalités de tout horizon autour des valeurs essentielles que sont le respect du handicap, la solidarité, le partage.

Après avoir visionné le DVD de sensibilisation spécialement créé pour présenter l’association et la maladie, les élèves ont en effet pu échanger avec leur professeur, les familles présentes ou les parrains, lecteurs d’un jour, pour mieux comprendre le quotidien des malades . Ils ont ainsi mieux pris conscience du sens de leur mobilisation et gageons que la dictée aura été un exercice moins désagréable que toutes les autres dictées de l’année…

Pour Guy Alba, Président Fondateur d’ELA, cette dictée est un moment essentiel du lancement de la campagne : « L’idée de réfléchir d’abord à la maladie nous semble essentielle. La dictée est une façon d’échanger sur la maladie, le handicap, la solidarité et constitue ainsi une façon originale de sensibiliser les jeunes élèves. C’est une étape importante de notre campagne car les mots ont du sens. Puis suit l’événement sportif, un moment convivial, où tous les enfants courent symboliquement pour les enfants malades  qui n’en ont pas ou plus la chance. »

Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, avait spontanément accepté d’être l’auteur de la Dictée d’ELA 2012 : « Le message de solidarité me semble essentiel. C’est une valeur qui se vit à l’école et que l’on peut difficilement partager ailleurs finalement. A l’école les enfants sont ensemble. C’est ensemble qu’ils comprennent le sens de cette valeur de solidarité. C’est une des raisons pour lesquelles cette dictée me semblait importante. Je suis enseignant mais aussi écrivain ; écrire la Dictée d’ELA nous permet de sortir de l’individualisme qui guette chaque écrivain. »

Parmi les quelques 250 personnalités qui ont lu la dictée aux élèves dans leur classe, la Première dame de France, Valérie Trierweiler avait répondu présente à la sollicitation d’ELA. « La cohérence de ma mobilisation ce matin aux côtés d’ELA est liée aux enfants. Il y a beaucoup d’enfants qui souffrent de la misère ou du handicap. Je tiens à remercier mes confrères de leur présence. Une cause comme ELA a besoin d’un éclairage médiatique pour exister. Pour les enfants, je serai là chaque fois qu’on me le demandera ».

On pourra bien sûr remarquer la mobilisation de nombreux sportifs  (Laurent Blanc, Sébastien Chabal, Ladji Doucouré, Jérôme Fernandez, Christophe Lemaitre, Bixente Lizarazu, Lionel Nallet, Jonny Wilkinson, les footballeurs de l’OGC Nice, de Valenciennes FC, du Stade Rennais, du Stade Malherbe de Caen, du FC Metz,  de l’AS Saint-Etienne, de l’AS Nancy Lorraine…), des chanteurs (Najoua Belyzel, Mathieu Carnot et Camille Lou (comédie musicale 1789), Mikelangelo Loconte, Maéva Méline, Mickaël Miro…), des comédiens (Nathalie Baye, Daniel Russo, les comédiens et comédiennes de Plus Belle la Vie…) et des animateurs TV (Denis Brogniart, Jamy Gourmaud, Catherine Laborde, Stéphane Plazza, Sandrine Quétier, Claudia Tagbo, Sophie Thalmann)…

 

Tout au long de la semaine, beaucoup mettront leurs baskets pour la 2ème phase importante de la campagne de sensibilisation. Il s’agit, une fois le temps de la réflexion passé, de passer à l’action et de courir pour les enfants malades. Un symbole fort que les élèves font « sponsoriser » auprès de leurs voisins, des commerçants ou de leur famille… et qui permet chaque année à ELA de collecter d’importants fonds pour financer la rechercher et accompagner les familles dans leur quotidien.

 

Chacun à son niveau, professeur d’un jour, famille, enseignant, témoigne de cette Dictée pas comme les autres…

Les lecteurs :

Mikelangelo Loconte, chanteur : « Avoir un contact avec les enfants et les enseignants dans un contexte un peu « fun » pour parler des leucodystrophies me touche beaucoup. C’est une idée assez décalée finalement de faire intervenir un artiste dans ce contexte et je trouve que c’est un moment idéal pour sensibiliser aux leucodystrophies. On a rarement un contact avec les enfants dans une classe comme ce matin et ça rend les échanges plus forts. Ca nous rappelle tous un peu le respect que nous devons avoir les uns envers les autres. L’éducation à ces valeurs commence dès petit. L’école a donc un rôle important à jouer. Je trouve que les élèves devraient être beaucoup plus sympa à l’égard de leur prof ! Ils ont un rôle tellement important à jouer… J’espère que ce matin tous les élèves auront compris qu’il faut apprendre la différence, respecter chacun, communiquer avec tous sans exclure personne et que c’est comme ça qu’on devient une vraie grande personne »

Catherine Laborde, animatrice TV : « Chaque année, je suis dans une école pour rappeler qu’ELA existe. Mon rôle est de sensibiliser tous les élèves et leur rappeler  pourquoi il est si important pour ELA d’être solidaire et de mettre ses baskets. C’est un moment de partage que j’apprécie beaucoup, d’autant qu’il est loin du côté superficiel que donne parfois la TV. Je suis vraiment heureuse de participer à cet élan solidaire. C’est un devoir de vie pour moi. »

Jérôme Fernandez, handballeur professionnel : «Je suis moi même papa d’un petit garçon de 5 ans et je réalise sa chance de pouvoir profiter de l’école et du sport. Il faut continuer à soutenir cette belle association qu’est ELA pour trouver les traitements pour soigner les enfants malades. »

Claudia Tagbo, comédienne, aux élèves : « La Dictée c’est une forme de soutien pour les familles d’ELA. Rien que le fait d’en parler entre vous et avec vos parents,  vous aidez ELA. »

Denis Brogniart, journaliste et animateur TV : « Quand je vois cette jolie petite fille, ce regard, ce sourire, avec sa maman venue témoigner devant la classe… Ca en dit beaucoup plus que des mots… Je suis persuadé que ces élèves aujourd’hui seront touchés et si eux sont touchés, leurs parents le seront aussi… »

Jonathan Zebina, footballeur professionnel : « A travers ce texte, il est important de mettre en avant les valeurs d’amitié et d’entraide. Même si nous n’en prenons pas conscience au quotidien, nous avons la chance d’être en bonne santé, de pouvoir rire, courir… Et c’est donc tout naturel, chacun à notre manière, de nous investir pour des personnes malheureusement malades. »

Les professeurs :

Frédéric, professeur dans un collège de Lorraine : « Nous avons reçu des joueurs du club de football de l’AS Nancy Lorraine. C’était une belle surprise pour les élèves. Nous sommes heureux de partager une si belle aventure humaine. »

Stéphane, professeur de 5ème en banlieue parisienne : « Nous faisons cette opération depuis plusieurs années et c’est chaque fois un moment convivial et de partage. C’est une bonne occasion de se réunir avec un objectif commun. Accessoirement c’est une façon agréable de dédramatiser l’orthographe et de faire des dictées de façon conviviale. Les élèves étaient tous soucieux de comprendre la maladie et sont assez fiers de devenir quelque part acteurs eux aussi du combat d’ELA en participant à cette dicté. »

Bénédicte, professeur : « Nous avons  les parents de Camille atteint d’une leucodystrophie et de Juliette, élève dans notre groupe scolaire. Ce fut un moment d’échange très fort et une belle leçon de courage. Ce matin, ils étaient présents à nos côtés pour répondre aux questions de nos élèves. Cela donne forcément encore plus envie de se battre aux côtés d’ELA avec nos propres armes, nos stylos et nos baskets !  »

Pauline, professeur dans un collège parisien : « Cela fait  8 ans que je suis au collège, et que nous participons à cette opération. C’est un moyen de sensibiliser les enfants, les futures générations, à la maladie bien sûr mais également plus largement à la solidarité. Nous faisons la dictée avec les élèves de 6ème. Il nous semble que c’est à cet âge là qu’on est le plus réceptif au message. Il n’y a pas de stress parce que l’exercice n’est pas noté. Ils sont juste très impatients de participer et fiers… Chaque année, ils veulent battre le record de collecte de l’année précédente ! »

Stéphanie, maitresse de CM2 en banlieue parisienne : « C’est la première fois que nous faisons la Dictée d’ELA. Nous avons été interpelés par les valeurs qu’elle transmet. Plus tard dans l’année, nous participerons à l’opération « Mets tes baskets et bats la maladie » autour d’un cross de l’école. »

Les familles d’ELA :

Benjamin, 28 ans, atteint de leucodystrophie : « La dictée de ce matin était une nouvelle fois un moment très sympa avec tous les élèves et la marraine présente à nos côtés. Encore un moment très fort en émotion ! »

Solenne, 12 ans atteinte de leucodystrophie : « L’opération s’est bien passée mais je n’aurais pas  aimé faire la dictée ! Les élèves étaient vraiment gentils. J’aimerais beaucoup faire le cross avec eux ; je pourrai le faire en fauteuil pendant qu’eux courent. C’était vraiment une matinée extraordinaire pour moi ! »

Anne-Dauphine, maman d’Azylis, 6 ans atteinte de leucodystrophie : « C’est un effort de tous les jours pour prendre soin de nos enfant et pour les accompagner quelle que soit leur vie, mais ce n’est pas à notre portée de les guérir. Si on s’y met tous ensemble, un euro après un euro, un pas après un pas, je pense qu’un jour on guérira les leucodystrophies. »

Frédéric, papa de Téo, 21 ans : «Ce qui nous a frappés, c’était que ce moment de sensibilisation aux leucodystrophies réunissait des jeunes qui avaient tous le même âge : les  jeunes lycéens de BTS, initiateurs de l’évènement, le champion d’Europe de tir venu lire la Dictée (Vincent Jeanningros) devant les 250 élèves, et Téo, comme témoin-malade… Tous entre 19 et 21 ans ! Passé le temps officiel de la dictée, les échanges ont été proches à la fin, sur l’estrade, autour de Téo et de Vincent.
Belle leçon de la part de cette jeunesse, motivée pour leur 4ème participation face à des adultes  surpris, touchés, et un peu médusés. Et beaucoup d’émotions pour la famille ! »

 

Les élèves :

Tom, élève de 5ème : «  Personnellement, je trouve que c’est bien de faire ça. Grâce à notre soutien, les personnes malades se sentent mieux ; ça me touche beaucoup. »

Lisa, élève de 5ème : « C’est une dictée émouvante et difficile aussi ! Mais on comprend que le garçon malade est triste de ne pas pouvoir courir comme tout le monde le fait. »

Elsa, élève de CM2 : «  La dictée était trop bien et en plus elle n’était même pas compliquée ! J’ai pris conscience qu’on a de la chance de pouvoir écrire. On sait que les enfants d’ELA eux ne peuvent pas écrire. »

Louise, élève de 6ème : « J’avais déjà entendu parler d’ELA mais je ne savais pas trop ce que c’était et à quoi ça servait. Maintenant j’ai mieux compris. Je sais qu’il y a des enfants qui souffrent et qu’il faut les aider. Je me dis aussi qu’il y a des enfants qui ont moins de chance que nous et qu’on n’en profite pas sûrement pas assez. J’espère que tout le monde comprendra qu’il faut faire des dons pour trouver le remède pour les guérir ! »

Benjamin, élève de CM2 : « Aujourd’hui j’ai compris quelque chose : il faut penser aux enfants qui n’ont pas la chance de pouvoir aller à l’école comme nous ! »

Caroline, élève de 3ème :  « Je suis ambassadrice ELA dans mon établissement. Pour moi, l’important c’est surtout d’en parler autour de soi. Être ambassadrice, c’est avant tout donner de son temps pour mener des petites actions pour ELA à l’école. J’ai été heureuse d’être l’ambassadrice du collège pour ELA, de représenter les valeurs solidaires et citoyennes pour cette association. Encore aujourd’hui, la dictée de ce matin, c’est une journée magnifique, à laquelle je suis heureuse d’avoir participé

 

Pour retrouver les meilleures photos de la Dictée :