Charles Lantieri, Directeur Général délégué de la Française des Jeux (FDJ) et Président de la Fondation FDJ



Publié le Jeudi 6 mars 2014

Vous êtes mobilisé aux côtés d’ELA depuis de nombreuses années. Racontez-nous pourquoi la Fondation FDJ a décidé de soutenir cette association ?

La Fondation FDJ est partenaire de l’association ELA depuis plus de dix ans. Elle a souhaité initialement soutenir le travail engagé par ELA en finançant la réalisation d’outils de communication destinés à promouvoir la campagne « Mets tes baskets et bats la maladie » organisée en milieu scolaire. A travers l’engagement citoyen de ces enfants au profit d’autres enfants malades, cette opération est en effet apparue comme un bel exemple de la façon dont le sport peut aider à mobiliser au service de la solidarité. La Fondation d’entreprise FDJ soutient en effet de nombreux projets dans lesquels le sport est au service du dépassement de soi, de la lutte contre l’exclusion et de la mobilisation solidaire.

En 2011, vous avez participé à la conceptualisation d’une idée qui tenait à cœur au Président d’ELA : décliner la campagne « Mets tes baskets et bats la maladie » dans les entreprises.  Pourquoi croyiez-vous à ce dispositif ?

A l’occasion d’une réunion de travail, Guy Alba avait lancé l’idée de développer ce concept dans le monde de l’entreprise. L’idée nous a tout de suite séduits et nous lui avons proposé de travailler sur l’ingénierie du concept. C’est une autre forme de mécénat que nous menons au sein de la Fondation FDJ : la co-construction de projets. Que ce soit avec l’Administration Pénitentiaire, la Croix Rouge française ou ELA, nous essayons d’amener un accompagnement autre que financier.
Pour ce projet, nous avions une idée assez précise qui était de demander aux collaborateurs d’être solidaires et impliqués sans pour autant bouleverser leur journée de travail. Et l’agence Alizeum, qui a travaillé  avec nous sur la conception de cette journée, a proposé que chaque collaborateur, venu ce jour là en baskets au bureau, porte un podomètre pendant toute sa journée de travail. L’entreprise serait ensuite amenée à faire un don à ELA fonction du nombre de pas effectués dans la journée.

Vous avez bien évidemment participé à la campagne « Mets tes baskets dans l’entreprise » en 2011, année test ainsi qu’aux deux éditions suivantes. Comment vos collaborateurs vivent-ils cette journée de mobilisation ?

La journée est préparée en amont par des messages adressés à plusieurs reprises aux collaborateurs, pour leur permettre de préparer cette journée : utiliser les escaliers, privilégier le contact direct, plutôt que téléphonique, avec leurs collègues du site, marcher pendant leurs conversations téléphoniques…
Il y a eu un fort engouement des salariés FDJ  sur l’ensemble des trois sites de l’entreprise pour ce concept original et unique. Cet événement a créé un esprit convivial au sein de l’entreprise entre les collaborateurs. Au total, 690 collaborateurs ont participé à cette initiative la première année et plus de 800 pour les deux éditions suivantes, soit près des deux tiers des effectifs (probablement un taux bien supérieur ramené aux collaborateurs effectivement présents ces jours là). Munis de baskets et du podomètre, les collaborateurs se sont vite pris au jeu, ils se sont lancé des défis sur le nombre de pas parcourus.
Sur nos trois sites, nous mobilisons également des champions, soutenus par la Fondation FDJ. Ils viennent faire découvrir et initier les collaborateurs à leur discipline sportive. Stéphane Diagana, champion du monde d’athlétisme, a mené une sortie jogging sur notre site de Vitrolles. Sébastien Flute, champion Olympique en tir à l’arc, a fait découvrir sa discipline à nos collaborateurs de Moussy, Matthieu Moinaux champion d’aviron les a initiés à sa discipline sur des ergomètres et Arnaud Assoumani, champion paralympique d’athlétisme, les a coachés pour un défi de sprint sur le site de Boulogne. L’objectif était de faire monter les compteurs et plusieurs millions de pas ont pu être réalisés ! En 2013, la Fondation a fait un don de 40 000 € à ELA.
Il y a eu un autre moment fort : celui de la rencontre entre les collaborateurs et la famille du petit Gwendal atteint de leucodystrophie. Par leur présence, cette journée prenait son sens et c’était une grande fierté de se mobiliser pour eux. Mais au-delà du geste solidaire au profit d’ELA, cette journée avait aussi toute sa place dans la politique de bien-être au travail que mène en interne FDJ. Cette journée est devenue un moment de partage et d’échange entre des personnes qui ne se côtoient pas toujours.

Depuis, vous participez chaque année à cette journée solidaire. Comment créez-vous l’événement chaque fois ?

Chaque année, nous essayons de réitérer l’atmosphère très conviviale qui avait caractérisé la première édition. Afin d’inciter les collaborateurs à faire le plus grand nombre de pas possibles au cours de cette journée, nous leur proposons diverses animations sportives (sortie footing, stretching, squash, simulateurs de jeux…) sur le temps de midi en présence de champions, soutenus par la Fondation FDJ. Mais le maître mot de cette journée est resté la solidarité dans une ambiance bienveillante et sportive. Nous avons à chaque fois un taux de participation exceptionnel. Plus de 60% des collaborateurs ont mis chaque année leurs baskets pour ELA. Près de 20 millions de pas ont ainsi été réalisés pour ELA en trois participations !

Quel argument pourriez-vous donner aux entreprises qui vous lisent pour les convaincre de rejoindre cette belle campagne solidaire ?

Cette journée est vraiment simple à mettre en place, d’autant que tous les kits de mise en œuvre sont disponibles auprès d’ELA. Toutes les entreprises peuvent s’y associer et c’est un succès garanti auprès des collaborateurs. Il suffit de porter une paire de baskets et un podomètre sans pour autant modifier la journée de travail. Sur le temps du déjeuner, les collaborateurs peuvent participer en interne à des animations ludiques proposées par l’entreprise ou à des rassemblements extérieurs organisés avec les entreprises voisines.

Crédit photo : Didier Goupi